2021
Les acquisitions de l'année 2021
Les objets
Livre imprimé
Epitome Thesauri Antiquitatum, Hoc Est, Impp. Rom. Orientalium Et Occidentalium Iconum, Ex Antiquis Numismatibus Quam Fidelissime Deliniatarum
1553 (?)
Jacopo Strada est l’un des « antiquaires » les plus actifs en Europe au milieu du XVIème siècle. Citoyen de Mantoue, il multiplie les voyages pour acquérir objets et monnaies rescapés de l’Antiquité, ou à défaut les faire dessiner, au profit de l’Empereur Maximilien II puis de l’Électeur Albert V de Bavière. Il utilise le matériel réuni par de grands collectionneurs comme Fugger à Augsbourg mais aussi Grolier à Lyon pour publier des ouvrages illustrés de grande qualité, comme cet Epitome confié à Jean de Tournes à Lyon, publié simultanément en français et en latin en 1553, avec la reproduction de 485 monnaies en blanc sur fond noir et l’identification du personnage représenté. Cet ouvrage à la réalisation très soignée, forme une sorte de pendant au Promptuaire des médailles publié la même année en français, italien et latin par Guillaume Rouillé à Lyon. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.
Livre imprimé
Le blason des couleurs en Armes, Livrées et Devises
Vers 1528
Rédigé avant 1436 par le héraut d’armes Jean Courtois, ce traité d’héraldique insiste sur les couleurs adoptées et leur symbolique. L’ouvrage est illustré de plusieurs figures et vignettes gravées sur bois (dont les armes de France au frontispice) ; plusieurs sont colorées dans le texte pour mieux souligner la signification de couleurs choisies. Repris et adapté vers 1525 par Gilles Corrozet, dont le nom apparaît en acrostiche à la fin du volume, le texte connaît une fortune considérable au XVIe siècle. Plusieurs éditions parisiennes sont répertoriées entre 1525 et 1530 chez Antoine Cousteau, Nicolas Cousteau et Pierre le Brodeur ; l’exemplaire ici proposé est imprimé à Lyon pour Olivier Arnoullet, membre d’une des plus importantes familles de libraires imprimeurs de la ville. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.
Architecture intérieure
Relevé de la porte d’entrée de la chapelle du château d’Ecouen
Vers 1807-1810
L’architecte breton Richelot se forma dans l’atelier d’Antoine Marie Peyre dit Peyre le Neveu (1770-1843), architecte du château d’Ecouen entre 1807 et 1815, mais son dessin n’est pas un relevé effectué sur le monument lui-même. Il montre en effet des écus situés sur les tables de part et d’autre de la porte qui ont été bûchés en 1793. Il comporte par ailleurs des inexactitudes, comme la répartition des motifs des métopes qui suit une alternance régulière sur le dessin, contraire à la réalité. Ce dessin témoigne du fait que le château d’Écouen était considéré comme un modèle pour l’apprentissage des motifs à l’antique au début du XIXe siècle. La porte d’entrée de la chapelle du château est une œuvre importante des années 1540, qui est probablement attribuable à Jean Goujon, alors au service du connétable Anne de Montmorency en tant qu’architecte. Elle n’a pas fait l’objet d’une publication sous forme d’estampe au XIXe siècle, contrairement à beaucoup d’autres détails ornementaux du château d’Écouen. Elle a en revanche été dessinée par Charles Percier qui eut sans doute un rôle important dans la reconnaissance de l’intérêt de l’architecture du château (voir recueil au musée Vivenel à Compiègne). Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.
Tazza : L’homme entre l’honneur et la vertu
Vers 1554
Reprenant le type de coupe large à pied court inspiré de l’orfèvrerie généralement dénommé « tazza », l’objet est recouvert d’un décor émaillé en grisaille caractéristique du meilleur de la production limousine au milieu du XVIème siècle. Il porte en plusieurs emplacements le monogramme du célèbre émailleur Pierre Reymond. La scène peinte à l’intérieur de la coupe représente un jeune homme barbu en habit de clerc, coiffé du bonnet de docteur, accompagné de deux allégories expliquées par le phylactère où est inscrit « Honneur me suit là où Vertu me guide ». Cette iconographie, de nature emblématique, évoque fortement le thème du choix de l’Homme entre le Vice et la Vertu (dit aussi « choix d’Hercule ») ainsi que le motto cicéronien virtuti fortuna comes, illustré par exemple sur le pavement du château de Polisy maintenant au musée de la Renaissance. Même si le modèle d’origine, dessiné ou gravé, n’en a pu être identifié, cette scène se rattache également à une composition dite de l’Homme entre la Loi et la Rédemption, que l’on retrouve sur un plat émaillé du musée d’Art et d’Histoire de Genève orné de la même héraldique que la coupe d’Écouen, celles des Bienassis, famille protestante de Poitiers dont un membre s’installe à Genève au milieu du XVIème siècle. Cette œuvre constitue en conséquence un jalon majeur pour l’approche de l’émail de Limoges dans le contexte de la Réforme protestante en France.
Cuir
La Fontaine de Jouvence
Venise,
vers 1550-1580
Ce couvercle devait constituer la partie principale de l’ornement d’une petite écritoire, généralement réalisée à partir d’une âme de bois, au décor plus ou moins luxueux. Dans le cas présent, elle était entièrement recouverte de cuir teinté, peint, doré et argenté. La face la mieux conservée devait assurément constituer la partie non visible du couvercle, qui aurait pu ainsi être protégée au cours du temps. L’iconographie est aisément identifiable. Les figures dans la force de l’âge de la face abîmée se trouvent, sur l’autre face, miraculeusement rajeunis sous l’effet de la fameuse source. Le couvercle illustre la persistance de cette iconographie courtoise tout au long du XVIe siècle où, dans un syncrétisme érudit, elle se confond souvent avec les illustrations de La Fontaine de Vie et de L’Hortus conclusus. La spécificité technique laisse penser que l’objet a été réalisé à Venise, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.
Plomb fondu
Antoine de Bourbon, roi de Navarre
France,
vers 1560
Le père d’Henri IV est représenté en buste, de profil à droite, revêtu d’une armure incorporant le médaillon de l’ordre de Saint-Michel. La Bibliothèque nationale de France conserve un exemplaire en bronze de cette plaquette, ainsi que des médailles reprenant la même effigie qui peut être liée à l’accession du duc de Vendôme à la couronne de Navarre en 1555 ou à son rôle de lieutenant général du royaume, comme premier prince du sang, lors de la régence de Catherine de Médicis à partir de 1560. Un exemplaire de cette plaquette est utilisé par Bernard Palissy comme matrice pour un grand moule regroupant les portraits de plusieurs personnages de premier plan en Europe dans le troisième quart du XVIe siècle. Ce moule, dont on ne connait pas de tirage émaillé, est conservé au sein du fonds d’atelier de Palissy au musée national de la Renaissance. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.
Pavement
Élément de pavement du château d’Écouen aux armes et devises du connétable de Montmorency
Vers 1850
Ce dessin appartient à un ensemble dont le musée détient déjà d’autres exemples, conçus au sein de l’agence de l’architecte Alphonse Lejeune dans le contexte de l’appropriation définitive du château d’Écouen comme maison d’éducation de la Légion d’honneur au milieu du XIXᵉ siècle. Il représente un des panneaux du carrelage de faïence commandé en 1542 à Masséot Abaquesne pour orner la galerie occidentale du château. Liés au remontage partiel du pavement dans la salle d’honneur du premier étage, ces dessins étaient peut-être aussi destinés à illustrer une future publication sur le château ou à être présentés lors d’un Salon.