Col a rebato

Accrochage 2015-2016

De la tête aux pieds : se vêtir à la Renaissance

Pendant le XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle, la même industrie produit les mêmes tissus qu’ils soient destinés à l’ameublement ou à l’habillement. Ces étoffes sont lourdes et riches car souvent tissées avec des filés et des lamés d’or et d’argent ; les teintures sont subtiles et également onéreuses ; les dessins complexes arborent par prédilection la grenade et le chardon. Progressivement, le textile vestimentaire se distingue du textile d’ameublement par des métiers à tisser spécifiques plus réduits, par une main d’œuvre qualifiée, par une diversification des motifs et des coloris et par des coûts élevés dont les inventaires après décès nous ont gardé la trace. Plusieurs corps de métiers interviennent dans cette confection : les tisserands auteurs des étoffes proprement dites, les brodeurs qui viennent ajouter un décor en relief fait de fils de soie ou de fils métalliques, les dentellières dont les ouvrages viennent orner les manches et les cols, mais aussi les tailleurs, les bottiers et les chapeliers.

 

VITRINE 1 : CHEFS D’ŒUVRE

Le musée national de la Renaissance conserve des œuvres exceptionnelles en particulier des broderies et des dentelles. Cette vitrine permet d’en proposer une petite sélection en lien avec le thème général de la présentation. D’une part, on y voit un panneau brodé de l’Adoration des Mâges (E.Cl. 9508) provenant vraisemblablement d’un vêtement religieux (bande d’orfroi) et, d’autre part, deux accessoires du costume civil. Ces deux pièces associent plusieurs techniques de dentelles et de broderies et reflètent la finesse des ornements du costume. Le bonnet de Charles Quint (E.Cl. 2352) devait être porté dissimulé sous un autre couvre-chef (couronne ou chapeau à larges bords) tandis que le col a rebato (E.Cl. 1886 b) montre l’extravagance de certaines pièces de costume dans les dernières décennies du XVIe siècle.

 

Bonnet dit de Charles Quint


Espagne
Bonnet dit de Charles Quint

Vers 1550
Lin ; broderie sur filet de type buratto, dentelle à l’aiguille de type reticella
Fonds Du Sommerard ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 2352
00-009343

Acquis en 1836 par Alexandre Du Sommerard qui le vendit à l’État français avec toute sa collection, ce bonnet était conservé jusqu’à cette date dans le trésor de la cathédrale de Bâle. Il est accompagné d’un morceau de parchemin qui porte un extrait du testament de Juan de Garnica, trésorier de Philippe II d’Espagne (1576). On peut lire le texte suivant : « Bonnet qui appartenait à Charles Quint, empereur. Garde-le mon fils en souvenir de Juan de Garnica ». Les motifs brodés confirment cette assertion en particulier, sur la calotte, l’aigle bicéphale du Saint Empire romain germanique (au corps en forme de cœur) surmontée d’une couronne impériale. Le bord formé par cinq demi-cercles relevés est orné de branches fleuries, de différents volatiles fantastiques, d’un agneau pascal, de personnages et d’animaux divers obtenus à l’aiguille selon une technique appelée « buratto ». Cette broderie faite sur un fin canevas de lin donne l’impression d’une dentelle. Les premiers livres de modèles pour le « buratto » apparaissent à Venise en 1527 comme celui de Giovanni Antonio Tagliante dans lequel on trouve des animaux stylisés et des fleurs. Le recueil de Giovanni Andrea Vavassore publié en 1531 contient des modèles de sirènes, de bateaux, d’agneau pascal et de personnages assez proches des motifs du bonnet de Charles Quint. Le liseré de croisillons qui borde chacun de ces demi-cercles est obtenu selon une technique de dentelle à l’aiguille également italienne appelée « reticella ». Ce type de bonnet se porte vraisemblablement sur le sommet de la tête, peu enfoncé et sert probablement de doublure à un couvre-chef plus important ou à une couronne.

 

Col a rebato


France
Col a rebato

Vers 1625-1640
Laiton, fibre non identifiée ; dentelle aux fuseaux
Achat, 1850 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 1886 b
00-028166

Très peu d’exemples de ce genre de col sont aujourd’hui conservés. La dentelle montée au bord d’un grand morceau de gaze plissé est composée d’un ruban ondoyant orné de motifs floraux stylisés. Le tout est soutenu par une armature métallique. Un livre de modèles pour dentelles aux fuseaux intitulé …grands et petits passements à jours, et dentelles exquises de Federico Viciolo (publié à Paris en 1623) montre des motifs très proches de ceux-ci. Ces cols rigides n’existent pas au XVIe siècle, mais deviennent à la mode dans les années 1620-1640. Ils sont portés par les hommes comme par les femmes.

 

l'Adoration des Mages

 

Italie ou France
L’Adoration des Mages

Fin du XVIe siècle
Soie, lin, filés métalliques ; broderie à l’or nué, peinture à l’aiguille
Legs Jauvin d’Attainville, 1877 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 9508
02-013324

En raison de sa forme oblongue et rectangulaire, ce panneau pourrait provenir d’une bande d’orfroi. L’iconographie permet aussi d’abonder en ce sens, car la représentation de l’Adoration des Mages s’inscrit souvent dans une suite sur l’enfance du Christ. Il est donc possible d’imaginer un ensemble de broderies liturgiques sur ce thème. Bien qu’en partie usée, la broderie est d’une grande finesse. Les deux techniques mises en œuvres sont « l’or nué » et à la « peinture à l’aiguille », toutes deux précieuses et prestigieuses. L’or nué consiste à coucher les filés d’or à la surface du support puis de les maintenir et de les recouvrir partiellement de fils de soie polychrome qui forment le dessin. La peinture à l’aiguille est le nom donné à la technique du passé empiétant lorsque les fils sont si fins qu’ils donnent l’impression d’une peinture. Ce panneau a été rapproché d’une gravure de Johan Sadeler d’après Martin de Vos représentant aussi l’Adoration des Mages (1585), mais les poses des personnages sont si différentes qu’il est délicat d’affirmer que cette gravure soit réellement la source du brodeur. Si le modèle gravé demeure donc incertain, il est probablement à situer dans les Flandres. En Europe, des régions entières maîtrisent alors l’art de la broderie et s’inspirent des gravures flamandes : les Flandres, l’Angleterre, l’Italie et la France en particulier Paris et Lyon. Ce panneau brodé peut être rapproché d’un corporalier brodé à l’or nué par Pierre Viguier à Lyon en 1621 (Lyon, musée des Tissus) ; la technique du brodeur est aussi virtuose et le traitement des visages similaires. Peut-être faut-il y voir une œuvre française plus qu’italienne ou espagnole comme le suggère le registre d’inventaire.

 

VITRINE 2 : LES ACCESSOIRES


Les accessoires sont des éléments d’habillement adjoints au vêtement principal. Apparu tardivement dans le langage de la mode, ce terme recouvre des objets aux fonctions diverses : à la fois utilitaire et symbolique. Par exemple, les bourses permettent de rassembler de petits objets ou des pièces de monnaie, mais elles signalent aussi un statut social. Elles participent à la richesse de la tenue notamment par la finesse des broderies. Certaines bourses plus volumineuses et pourvues d’un fermoir métallique portent le nom d’escarcelle ou d’aumônière (E.Cl. 20970). Le fermoir souvent gravé, damasquiné ou émaillé contribue à la préciosité de ce petit sac que l’on portait attaché à la taille. En revanche, l’éventail se tient à la main. L’usage de cet accessoire s’implante en Europe au XVIe siècle, par l’intermédiaire des routes portugaises venant d’Asie. Il est porté et utilisé par les élégantes européennes pour se rafraîchir. De multiples couvre-chefs existent révélateurs d’une fonction ou d’un statut social. Celui qui est ici présenté (E.Cl. 14321) pourrait être une barrette ecclésiastique c’est-à-dire un petit bonnet porté par les membres du clergé.

 

Bourse

 

Angleterre
Bourse

Début du XVIIe siècle
Soie, filés métalliques ; passementerie et broderie au petit point
Don Mme Humbert de Molart, 1875 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 9279

 

Bourse

 

France ou Angleterre
Bourse

Début du XVIIe siècle
Soie, filés métalliques ; passementerie et broderie au petit point
Achat, 1890 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 12376


 

Bourse

 

France ou Angleterre
Bourse

Début du XVIIe siècle
Soie, filés métalliques ; passementerie et tapisserie
Achat, 1893 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1991
E.Cl. 13023
97-014457

Les bourses contiennent des effets personnels, les pièces de monnaies, les clefs ou les petits ciseaux. Elles se portent à la ceinture, suspendue le long de la robe. De forme rectangulaire ou légèrement arrondie comme celles ici exposées, ces bourses figurent en nombre dans les inventaires après décès du début du XVIIe siècle ; il s’agit donc d’un accessoire essentiel tant fonctionnel qu’élégant. Les trois bourses présentées sont ornées de motifs floraux insérés dans des losanges réguliers brodés au petit point. La technique de la broderie au petit point consiste à broder des fils de laine ou de soie avec des points en diagonale sur un canevas de lin. Cette technique est très en vogue dans les années 1580-1610. Elle est utilisée pour les petits accessoires du costume comme les bourses ou les bonnets mais aussi dans l’ameublement (housses de coussins, parures de lit, garnitures de sièges, etc.)

 

Eventail

 

France
Éventail

Fin du XVIe siècle ( ?)
Vélin, nacre, ivoire, soie
Dépôt du musée du Louvre, 1847 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 13549
00-028623

Objet d’une grande rareté, cet éventail provient de la collection Revoil acquise par le musée du Louvre en 1828. Il appartient au type des éventails dits « pliés » c’est-à-dire composé d’une feuille pliée pour épouser les brins de la monture. Cette forme d’éventail d’origine chinoise s’est implantée en Europe pendant la seconde moitié du XVIe siècle grâce aux Portugais qui maîtrisent alors les routes commerciales extrême-orientales. Les deux feuilles de vélin qui composent l’éventail sont découpées à jour et enrichies d’éléments colorés en soie bleue, en mica et en fils d’or. Les motifs ainsi formés imitent la dentelle a reticella ou punto in aria très à la mode à Venise où elle a d’abord été élaborée puis dans toute l’Europe.

 

Fermoir d'escarcelle


Italie ( ?)
Fermoir d’escarcelle

Fin du XVIe siècle
Fer damasquiné
Fonds ancien ; affectation au musée national de la Renaissance, 1986
E.Cl. 20970
96-012536

 

Bonnet

 

Italie ( ?)
Bonnet

Fin du XVIe siècle
Soie, filés métalliques ; taffetas, broderie en couchure simple et point plat
Don Mme Waldeck-Rousseau, 1904 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 14321
98-020886


 

VITRINE 3 : LE COSTUME LITURGIQUE
 

Les termes de d’« ornement liturgique » ou de « vêtement liturgique » rassemblent l’ensemble des vêtements portés par le clergé catholique pour célébrer la messe. Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, il n’existait pas de distinction entre le clergé et les fidèles. Au fil du temps le costume du clergé s’est distingué du costume civil reflétant ainsi la fonction, la dignité, le pouvoir mais aussi l’érudition (ils parlent latin) des clercs. Ces vêtements sont longs et réalisés dans des matières précieuses en particulier la soie. Ils sont ornés d’orfrois, terme qui désigne de larges bandes brodées de filés d’or ou d’argent. Le vêtement liturgique recouvre la chasuble, la dalmatique, la tunique, le pluvial ou la chape ; les insignes ou accessoires sont l’étole, le manipule et le voile huméral. A l’exception de la chape, ces ornements sont bénits et soumis à la règle des cinq couleurs liturgiques : blanc, rouge, violet, vert et noir. Chacune a une symbolique propre correspondant à un moment de l’année du calendrier liturgique.

La chasuble (E.Cl. 2205) est le vêtement propre au prêtre avec lequel il célèbre la messe. Il existe plusieurs formes de chasubles et les orfrois qui l’ornent sont disposés de manières différentes.

La dalmatique (E.Cl. 1822) est le vêtement du diacre (celui qui prépare la prêtrise). Elle a la forme d’un T.

L’étole (E.Cl. 1217) est portée par les évêques, prêtres et diacres. Elle est positionnée différemment sur le haut du corps en fonction du rang du clerc dans la hiérarchie religieuse.

Le manipule (E.Cl. 1221) est l’insigne du prêtre qui l’arbore sur le poignet gauche.


 

Chasuble


Angleterre
Chasuble

Fin du XVe siècle – début du XVIe siècle (pour les orfrois)
Soie, laine, filés métalliques ; taffetas, toile, broderie en couchure simple et passé empiétant
Achat, 1853 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 2205
04-505796

Présentée de dos, cette chasuble est ornée d’une Crucifixion, de saint Sébastien et de saint Georges (la partie inférieure de l’orfroi manque). La Crucifixion est un thème fréquent sur les vêtements liturgiques rappelant justement le sacrifice du Christ. La présence d’anges recueillant le sang du Christ apparaît dès le XIVe siècle et s’inspire de la croyance en des anges conducteurs des âmes. De part et d’autre, les séraphins – figures angéliques notamment mentionnées dans le Livre d’Isaïe – sont dotés de six ailes : deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, les deux autres pour voler. Ils figurent sur de nombreux ornements d’église. Le décor comme la technique de cette chasuble sont caractéristiques de la broderie anglaise de la fin du XVe siècle qui connaît un succès dans toute l’Europe. Ces broderies ont vraisemblablement été remontées sur un taffetas plus récent.
 

 

Dalmatique

 

Angleterre ou Flandre
Dalmatique

Fin du XVe siècle – début du XVIe siècle
Laine, soie, filés métalliques ; velours coupé, broderie en couchure simple et au passé empiétant
Achat, 1850 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 1822
02-013362


Cette dalmatique résulte d’un remontage d’orfrois de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle sur un velours grenat à une date plus récente. Sur la bande d’orfrois, on identifie, entre deux hommes vêtus à la mode de la fin du Moyen Âge, saint Paul ou saint Simon. La juxtaposition de saints et de laïcs est fréquente sur les vêtements liturgiques. Ils prennent place sous des architectures, formule également récurrente. Sur le velours sont brodés des anges à deux paires d’ailes debout sur une roue et tenant un phylactère. La vision d’Ézéchiel indique qu’à côté d’eux, deux roues s’entrecroisent dont les jantes sont recouvertes d’yeux rappelant le trône de Dieu qu’ils sont chargés de garder ; ce que rend bien la broderie. Ces chérubins sont associés aux chardons et aux fleurs de lys qui symbolisent l’alliance des ordres naturel et surnaturel à l’Incarnation et à la Pureté. Ils rappellent ainsi aux Chrétiens qu’une autre vie les attend après leur vie terrestre.

 

Dalmatique

 

Italie (tissu) et Flandre (orfrois)
Dalmatique

XVIe siècle
Soie, fils de baudruche, filés métalliques ; velours coupé, broderie au passé empiétant et d’application de toile d’or
Fonds ancien ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 22556
04-505800

Le motif du velours de vases d’où sortent des feuilles d’acanthe est récurrent dans l’art textile italien de la Renaissance. Les orfrois cousus dessus représentent différents saints devant un rideau brodé en couchure. Ce type de représentation est commune dans la broderie flamande de la première moitié du XVIe siècle. Ces silhouettes de saints très répétitives sont reproduites de façon presque systématique par les ateliers de brodeurs d’un ensemble liturgique à l’autre. La dalmatique est en outre brodée sur la face d’un blason surmonté d’une couronne ouverte et cerné d’un collier de l’ordre de saint Michel. Ce blason ne permet malheureusement pas de rattacher l’œuvre à un lieu saint particulier.

 
 

Etole


Espagne
Étole

XVIIe siècle ( ?)
Soie, filés métalliques ; velours coupé, broderie d’application
Fonds Du Sommerard ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 1217
16-520917

 

Manipule


Espagne
Manipule

XVIIe siècle ( ?)
Soie, filés métalliques ; velours coupé, broderie d’application
Fonds Du Sommerard ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 1221
16-520918

Simplement ornés d’un galon de filés métalliques, cette étole et ce manipule pourraient provenir du même ensemble liturgique et montrent l’harmonie des tons et des ornements du vêtement catholique. Composé de cinq morceaux de velours cousus ensemble, le manipule est révélateur des méthodes des brodeurs pour rentabiliser les chutes de tissu.



VITRINE 4 : LE COSTUME LITURGIQUE

La chape (E.Cl. 1743) est un grand manteau de cérémonie porté par l’ensemble du clergé. Elle est généralement ornée d’une bande d’orfroi et d’un chaperon. Il existe également plusieurs formes de chape.

 

Chape

 

France ( ?)
Chape

Milieu du XVIe siècle
Soie, filés métalliques ; velours coupé, broderie en couchure simple, guipure, gaufrure, peinture à l’aiguille et au passé empiétant
Achat, 1848 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 1743
04-505769

Exceptionnelle par les multiples techniques de broderie mises en œuvre, cette œuvre est réputée provenir de l’abbaye de Cluny (Saône-et-Loire). Elle est composée de six lés de velours de soie brodés de grenades, symboles de la Passion en cohérence avec le thème des orfrois ; au centre, également brodées, les armes de France dans une couronne de laurier attestent une provenance prestigieuse. L’iconographie des orfrois est celle de la Passion du Christ. Chaque scène est figurée sous une arcature intégrant les nouveaux motifs de l’architecture italienne (colonnes à balustre, voûte à caisson, entablement à rinceaux). L’ordre des scènes suit fidèlement celle de la tradition iconographique : à gauche du chaperon, le Christ aux outrages, la Flagellation, le Baiser de Judas, et à droite, la Comparution du Christ devant Pilate, le Portement de Croix et la Crucifixion. Ces scènes semblent inspirées de gravures d’artistes nordiques (Albrecht Dürer, Hendrick Goltzius, Jakob Cornelisz) que le brodeur a adaptées aux contraintes du support. Sur le chaperon figure la Cène qui peut être rapprochée d’une gravure de Marcantonio Raimondi ; le donateur non identifié est représenté agenouillé ; il est introduit par saint Étienne, sans doute son saint patron, reconnaissable par sa dalmatique et les pierres de lapidation de son martyre.

 

VITRINE 5 : LE COSTUME CIVIL

Rares sont les vêtements complets à nous être parvenus néanmoins, les fragments de tissus et de dentelles permettent d’avoir un aperçu de l’habit des élites civiles. La robe ici présentée (E.Cl. 11483) bien que sans doute remaniée et consolidée au XIXe siècle est caractéristique de l’habit vénitien de la fin du XVIe siècle. Les fragments d’étoffes sont regroupés en fonction de leur coloris. Sur le panneau de gauche des velours, des damas et des brocatelles à dominante rouge, rose et violet sont exposés (pour les termes. Le rouge est la couleur dominante du début du XVIe siècle tandis que le violet souvent associé au noir est à la mode dans le dernier tiers du siècle. Sur le panneau de droite, les étoffes présentent des motifs bleu, vert et jaune, couleurs dont la mode se répand dans l’habillement à partir des années 1530. Les motifs sont d’abord de grande dimension tandis que les petits dessins de fleurs, fleurons, formes géométriques sont caractéristiques des années 1560-1610. Au niveau des emmanchures et des encolures, ces étoffes de soie sont complétées de réseaux de dentelles dont la blancheur contraste avec la couleur du vêtement. Le meuble pédagogique propose une projection de gravures et de tableaux montrant des costumes de la Renaissance en lien avec les tissus ici exposés.


 

Robe_Costume civil

Italie (Venise ?)
Robe

Fin du XVIe siècle – début du XVIIe siècle
Soie ; damas et taffetas
Achat, 1887 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 11483
00-021386

Très remaniée cette robe n’en demeure pas moins un témoignage important et rare du vêtement en Italie à la fin du XVIe siècle. Très ample, elle comprend un col rigide probablement modifié au XIXe siècle et de longues manches visant à allonger la silhouette. Les mains et les avant-bras passent en réalité par les fentes médianes, tandis que le reste de la manche pend sous le coude. Plusieurs gravures de l’ouvrage de Pierre Bertelli (Habits de diverses nations, Venise, 1594) et de Cesare Vecellio (Venise, 1590) montrent de telles robes portées par d’élégantes vénitiennes. Ce type de manches factices constitue un héritage des caftans ottomans et témoigne des échanges culturels et commerciaux avec l’Orient en particulier dans le domaine textile. Ces robes luxueuses sont portées comme un manteau sur une robe de dessous ; la superposition des étoffes de couleurs et de tissage différents donne une impression fastueuse ainsi qu’une certaine majesté à la personne qui les porte.

 

 

Corsage baleiné

France
Corsage baleiné

XVIIIe siècle
Coton ; toile, surpiqûre
Fonds ancien ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 10811 b
16-520914

Ce vêtement n’entre pas dans la période chronologique du musée national de la Renaissance ; il fait néanmoins partie des collections et permet de montrer un corsage entier conservé et une pièce pourvue de son baleinage d’origine. Ce type de vêtement féminin se porte sur la chemise et permet de renforcer le maintien par des baleines en fanons, en os ou en roseau glissées dans les compartiments prévus à cet effet. Il se porte avec une jupe assortie ou non. On pourrait considérer ce corsage du XVIIIe siècle comme une évolution du haut des cottes féminines du XVIe siècle également très ajustées au niveau du buste.

La partie décousue révèle la destinée des pièces d’habillement souvent remaniées pour s’adapter à la silhouette de leurs propriétaires successifs et explique que rares soient les vêtements anciens à nous être parvenus.

 
 

Une reine et ses suivantes dans un jardin

Angleterre (?)
Une reine et ses suivantes dans un jardin

Dernier quart du XVIIe siècle
Soie et laine ; broderie au petit point
Achat en 1863 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 8665-8666

On retrouve dans les différents ouvrages témoignant de la mode de la fin du XVIe siècle, les costumes portés par ces cinq femmes, comme dans celui de Jost Amman, Frauen Trachtenbuch, publié en 1586 et celui de Pierre Bertelli, Habits de diverses nations édité à Venise en 1594 (voir écran).
Les femmes assises portent des jupes de dessous en tissu précieux et lourd et une robe de dessus en tissu plus léger. Leur cou est paré d'une fraise à double rangée de tuyaux et le décolleté est recouvert d’une fine mousseline, comme cela est à la mode dans les années 1580-1590. La reine porte un manteau long, doublé de fourrure, dont les épaules sont soulignées par des bourrelets et les manches tombent sous le coude, comme sur la robe exposée à côté.
Toutes ces femmes sont coiffées d'attifets (petit bonnet monté sur des fils métalliques, avançant en pointe sur le front) couverts de bijoux et leurs mains portent de nombreuses bagues. Le musée national de la Renaissance possède une importante collection de bijoux exposée dans la salle d’orfèvrerie (deuxième étage).


 

Fragment d'étoffe


Espagne (?)
Fragment d’étoffe

XVIIe siècle
Soie ; velours ciselé
Achat, 1887 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 11653 a (E.Cl. 21205 a)
10-525697

 

Fragment d'étoffe

Italie
Fragment d’étoffe

XVIIe siècle (?)
Soie ; damas
Achat, 1933 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 21822
10-514057

 

Fragment d'étoffe

Italie
Fragment d’étoffe

Première moitié du XVIIe siècle
Lin et laine ; damas
Achat, 1887 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1991
E.Cl. 12348
10-518811

 

Fragment d'étoffe

 

Italie (?)
Fragment d’étoffe

Deuxième moitié du XVIe siècle
Soie ; velours ciselé
Achat, 1933 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 21734
10-514005

 

Fragment d'étoffe


Italie (?)
Fragment d’étoffe

Deuxième moitié du XVIe siècle
Soie ; velours ciselé
Achat, 1933 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 21732
10-514004

 

Fragment d'étoffe

 

Italie (?)
Fragment d’étoffe

Première moitié du XVIIe siècle
Soie ; damas
Achat, 1933 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 21782
10-514032


 

Fragment de volant


Europe
Fragment de volant

Fin du XVIe siècle – XIXe siècle
Lin ; dentelle aux fuseaux à fils continus de type Gênes
Don Mezzara, 1909 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 17518
16-520932



 

Fragment

 

Europe
Fragment

Fin du XVIe siècle – XIXe siècle
Lin ; dentelle aux fuseaux à fils continus de type Gênes
Don Mezzara-Melville, 1901 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 14034
16-520874


 

Fragment de bordure


Europe
Fragment de bordure

Vers 1625
Lin ; Dentelle à l’aiguille et au fuseau type point coupé et Gêne
Don Mezzara-Melville, 1901 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 14033
16-520925

 

Fragment d'étoffe

Italie (?)
Fragment d’étoffe

Deuxième moitié du XVIe siècle
Soie ; velours ciselé
Don baron Nemes, 1930 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 21432
10-513967

 

 

Fragment d'étoffe

 

Italie
Fragment d’étoffe

1580-1620
Soie ; brocatelle
Achat, 1887 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 12216
10-513953

 

 

Fragment d'étoffe


Italie, Lucques (?)
Fragment d’étoffe

Deuxième moitié du XVIe siècle
Soie, filés métalliques ; lampas broché
Don baron Nemes, 1930 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1987
E.Cl. 21403
10-518858

 
 

Fragment d'étoffe

Italie
Fragment d’étoffe

Premier quart du XVIIe siècle
Soie ; brocatelle
Achat, 1887 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1991
E.Cl. 12201
10-513940

 
 

Fragment d'étoffe

Espagne (?) Italie (?)
Fragment d’étoffe

XVIe siècle
Soie et soie ; brocatelle
Achat, 1933 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1991
E.Cl. 21819
10-514056

 
 

Fragment d'étoffe

Perse (?)
Fragment d’étoffe

XVIe ou XVIIIe siècle (?)
Soie, filés métalliques ; lampas lamé
Don anonyme, 1928 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1991
E.Cl. 21201
10-525737

 

Fragment de bordure


Europe
Fragment de bordure

1570-1620
Lin ; Dentelle à l’aiguille et au fuseau type punto in aria
Don Mezzara-Melville, 1900 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 13989
16-520923

 
 

Fragment de bordure


Italie du sud (?)
Fragment de bordure

Fin du XVIe siècle – XIXe siècle
Lin, filés métalliques ; dentelle aux fuseaux type reticella, passement et broderie au passé plat
Don Marquet de Vasselot, 1928 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 21172
16-520941

 
 

Fragment de bordure

Europe
Fragment de bordure

Fin du XVIe siècle – XIXe siècle
Lin ; Dentelle à l’aiguille et au fuseau type reticella
Don Mezzara-Melville, 1901 ; affectation au musée national de la Renaissance, 1989
E.Cl. 14032
16-520924

Émailler le verre à la Renaissance
Du 13 octobre 2021 au 14 février 2022
x_Chateau ciel bleu
Passage aux horaires d'hiver