Les armes de chasse
Plongez dans l'art de la chasse à la Renaissance avec notre collection d'armes et accessoires. Arbalètes, épées, et les premières armes à feu témoignent des techniques et du prestige d'une pratique séculaire, au cœur de la vie noble.
Les objets
Arme
Trousse de veneurs
France, 1573
Notre trousse de veneur en fer gravé et doré est composée de dix pièces : une scie, des couperets, un marteau/tire-bouchon, des hachettes articulées, un couteau à dépecer, une pince et une aiguille. Chaque pièce a un manche d'ivoire gravé avec monture en cuivre, les lames sont couvertes d'ornements et d'arabesques gravés et dorés. Elles portent la date de 1573 avec le monogramme N.S. La trousse n'était pas un simple outil, mais un symbole d'appartenance à un monde où la chasse dictait une partie des mœurs et des hiérarchies sociales. Elle était souvent magnifiquement ornementée, témoignant de la richesse et du goût de son propriétaire. La trousse de veneur du XVIe siècle n'avait pas de composition standardisée unique, mais elle regroupait une sélection d'instruments conçus pour des tâches spécifiques liées à la poursuite, à la mise à mort et à la découpe du gibier, principalement le cerf, le sanglier ou le loup. Les matériaux étaient choisis pour leur robustesse et leur beauté : acier pour les lames, bois précieux, ivoire ou corne pour les manches, cuir travaillé pour les étuis. L'usage de cette trousse relevait d'un savoir-faire précis et d'une étiquette stricte. Chaque instrument était manié avec dextérité par le veneur, reflétant non seulement ses compétences pratiques mais aussi sa connaissance des "droits de la chasse" et des rituels associés à la curée.
Arme
Epée de chasse
XVIIe siècle
La création d’armes spécialisées pour la chasse se généralise en Europe à partir du XVIe siècle. La typologie des armes blanches s’enrichit donc de nouveaux modèles, à commencer par les longues épées de chasse employées notamment par le veneur pour servir — c'est-à-dire mettre à mort — les sangliers, comme on le voit sur la tapisserie des Chasses de Maximilien consacrée au mois de décembre. Puisque d’un point de vue strictement moral l’usage d’une arme à feu n’est à l’époque pas admissible pour tuer un gibier — excepté en cas de danger manifeste pour la vie du veneur ou de ses chiens — le rôle des armes blanches, et spécialement celui des épées de chasse, est primordial. Pour minimiser les risques de blessure chez le chasseur, les fourbisseurs allemands développent donc dès le début du XVIe siècle des armes montées avec des gardes et des lames adaptées. La nôtre a une poignée en corne noire, montée sur une garde en bronze doré et gravé. La longue lame est creuse sur ses deux faces. Progressivement les épées de chasses seront remplacées par des élégants couteaux.
Arme
Arbalète à jalet
Flandres ?, vers 1560
Ce type de petite arbalète légère était employé pour la chasse aux petits oiseaux tels que les perdrix, les grives, les ortolans etc. Jalet est un mot vieilli pour désigner un petit caillou (galet) qui servait de projectile à ce type d’arme ; celles-ci ont par la suite été garnies de balles de terres cuites puis de plomb. Le projectile se logeait dans une petite bourse attachée aux cordes et reliée au cran par un œillet. La nôtre présente un décor sculpté de pilastres et de rosette sur la partie en bois – nommée arbrier – ainsi qu’une figure grotesque en ronde bosse. À l’exception de l’arc en acier, les autres parties métalliques sont gravées avec des motifs de rinceaux ou ciselées. La chasse à l’arbalète est une activité très en vogue au XVIe siècle, notamment à la cour de France où la reine Catherine de Médicis apprécie l’exercice, comme le rapportent les écrits de ses contemporains. La légèreté de l’arme et la délicatesse du gibier faisaient de cette chasse une activité particulièrement adaptée aux dames, sans qu’elle ne leur soit pour autant réservée. L’utilisation de l’arbalète, en tant qu’arme de chasse silencieuse, restera très prisé en Europe jusqu’au XVIIIe siècle et ce en parallèle de l’usage d’armes à feu.
Arme
Arquebuse
Nuremberg ?, 4e quart du XVIe siècle – 1er quart du XVIIe siècle,
L’usage de l’arquebuse à la chasse est connu dès 1515 par les Ordonnances des Chasses de François Ier qui mentionnent les "harquebutes" et "échopettes" comme instruments de chasse pour le tir au vol ou pour abattre le gros gibier acculé dans des fosses. Néanmoins ce texte pose des restrictions strictes sur ses usages qui ne seront que peu respectées comme en témoigne le besoin de les renouveler sous le règne de ses successeurs et notamment Henri II. Parallèlement à la chasse traditionnelle à l’arc, l’arbalète ou l’arme blanche, l’usage des arquebuses a permis le développement de la chasse à l’affut et de la chasse au tir dans laquelle l’habileté au tir prenait le pas sur la poursuite. Loin de remplacer les techniques et les outils traditionnels de la chasse, l’arquebuse est à la Renaissance un outil complémentaire précieux. Cette arquebuse à rouet possède un mécanisme de mise à feu similaire à celui d’un briquet. Le rouet est mis en rotation par un ressort et entre en contact avec une pyrite. Ce frottement engendre une étincelle qui enflamme alors la poudre d’amorçage qui à son tour va enflammer la charge et permettre au coup de partir. La monture en bois est richement décorée de marqueterie d’ivoire montrant des chiens courants au milieu de rinceaux et des personnages sur la crosse.