La création d’armes spécialisées pour la chasse se généralise en Europe à partir du XVIe siècle. La typologie des armes blanches s’enrichit donc de nouveaux modèles, à commencer par les longues épées de chasse employées notamment par le veneur pour servir — c'est-à-dire mettre à mort — les sangliers, comme on le voit sur la tapisserie des Chasses de Maximilien consacrée au mois de décembre. Puisque d’un point de vue strictement moral l’usage d’une arme à feu n’est à l’époque pas admissible pour tuer un gibier — excepté en cas de danger manifeste pour la vie du veneur ou de ses chiens — le rôle des armes blanches, et spécialement celui des épées de chasse, est primordial. Pour minimiser les risques de blessure chez le chasseur, les fourbisseurs allemands développent donc dès le début du XVIe siècle des armes montées avec des gardes et des lames adaptées. La nôtre a une poignée en corne noire, montée sur une garde en bronze doré et gravé. La longue lame est creuse sur ses deux faces. Progressivement les épées de chasses seront remplacées par des élégants couteaux.