Ce type de petite arbalète légère était employé pour la chasse aux petits oiseaux tels que les perdrix, les grives, les ortolans etc. Jalet est un mot vieilli pour désigner un petit caillou (galet) qui servait de projectile à ce type d’arme ; celles-ci ont par la suite été garnies de balles de terres cuites puis de plomb. Le projectile se logeait dans une petite bourse attachée aux cordes et reliée au cran par un œillet. La nôtre présente un décor sculpté de pilastres et de rosette sur la partie en bois – nommée arbrier – ainsi qu’une figure grotesque en ronde bosse. À l’exception de l’arc en acier, les autres parties métalliques sont gravées avec des motifs de rinceaux ou ciselées.
La chasse à l’arbalète est une activité très en vogue au XVIe siècle, notamment à la cour de France où la reine Catherine de Médicis apprécie l’exercice, comme le rapportent les écrits de ses contemporains. La légèreté de l’arme et la délicatesse du gibier faisaient de cette chasse une activité particulièrement adaptée aux dames, sans qu’elle ne leur soit pour autant réservée. L’utilisation de l’arbalète, en tant qu’arme de chasse silencieuse, restera très prisé en Europe jusqu’au XVIIIe siècle et ce en parallèle de l’usage d’armes à feu.