Aller au contenu principal
Vue de salle
Vue de salle © Musée national de la Renaissance / C. Schryve

La terre cuite polychromée et l’art des Della Robbia

La famille florentine des Della Robbia s’est spécialisée dans une technique très spécifique : la sculpture en terre cuite protégée par des glaçures de couleur.

De 1430 à 1550, sur trois générations, en Italie et en France, la famille a développé ce savoir-faire. La collection du musée national de la Renaissance illustre la production de la deuxième et de la troisième génération.

Les objets

Sculpture

La Tempérance

vers 1470-1475

La Tempérance est l’une des quatre vertus majeures pour l’homme, selon la classification de la philosophie antique. Elle représente la modération et le rejet des excès, ce que montre le fait qu’elle mêle de l’eau à une coupe de vin. Cette œuvre de grande taille (1.64 m de diam.) devait être associées aux trois autres vertus : la Justice (également conservée au musée national de la Renaissance), la Force (non localisée) et la Prudence (New York, Metropolitan museum of art). Elle a peut-être décoré l’intérieur ou l’extérieur de l’une des grandes demeures des Pazzi, famille florentine rivale des Médicis. La Tempérance est une œuvre d’Andrea Della Robbia (1435-1525), neveu de Luca (1400-1482), fondateur et inventeur de la technique de la terre cuite glaçurée, qui avait déjà eu l’occasion de créer de grands disques décoratifs sur le thème des Vertus pour la voûte d’une chapelle dans l’église de San Miniato à Florence. La figure blanche se détache sur un fond bleu, selon un choix de couleurs caractéristique de l’atelier familial des Della Robbia. La guirlande qui l’entoure avec ses feuillages semés de fruits alternativement jaunes et foncés témoigne d’un savoir-faire minutieux dans le rendu des feuilles et dans les glaçures de différentes couleurs.  

La Tempérance
La Tempérance © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
La Tempérance

Sculpture

L’Adoration de l’Enfant Jésus

vers 1475-1480

L’Adoration de l’Enfant Jésus est l’une des thèmes de dévotion très apprécié à Florence au xve siècle car il mêle modestie (le Christ repose sur un drap posé dans l’herbe), intimité (la Vierge est seulement accompagnée par des anges) et émotion (dans le lien particulier qui se crée entre la mère et son enfant qui regarde dans notre direction). Andrea Della Robbia a su organiser une production en série sur ce sujet, adaptée à tous les usages et à tous les prix. La comparaison entre ce grand et luxueux tondo (disque décoratif) et une autre œuvre beaucoup plus modeste également conservée au musée national de la Renaissance (L’Adoration de l’Enfant Jésus, E.Cl. 1490, 91 cm de haut) le confirme. Le caractère monumental du tondo (1.75 m de diamètre) résulte en grande partie d’un double cadre (la scène principale ne mesure que 80 cm de haut environ). Le premier rang est occupé par des anges observant la scène et le second par des fruits variés, selon une formule très fréquente chez Andrea della Robbia. L’œuvre se caractérise par une grande abondance d’or (en grande partie disparu aujourd’hui, comme sur la robe de la Vierge). L’or dessinait des motifs parfois très originaux comme sur le nimbe (disque) qui couronne la tête de la Vierge et qui est encore formé d’une couronne végétale. Il devait faire écho aux ornements qui couvraient sa robe.

L’Adoration de l’Enfant Jésus
L’Adoration de l’Enfant Jésus © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
L’Adoration de l’Enfant Jésus