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Jeune homme nu dit Marsyas
Jeune homme nu dit Marsyas © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Jeune homme nu dit Marsyas

Jeune homme nu dit Marsyas
Jeune homme nu dit Marsyas © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Ce petit bronze n’est pas unique mais s’inscrit dans une suite qui compte plus de cinq autres exemplaires ; chacun d’eux comporte néanmoins des variantes qui le rendent unique. Il est souvent désigné comme « Ignudo della Paura », c’est-à-dire « Jeune homme nu apeuré », ce que pourrait en effet suggérer le mouvement des jambes et les bras en avant du personnage. Mais cette interprétation relève en réalité d’une incompréhension. La bouche du personnage est en effet cachée par un bandeau qui était utilisé dans l’Antiquité par les joueurs d’aulos (une flûte à deux tuyaux) et c’est cet instrument qu’il devait tenir dans ses deux mains dont la position s’explique alors naturellement. Ce détail a amené à identifier ce jeune homme nu avec le satyre Marsyas, qui aurait le premier utilisé cet instrument dédaigné par la déesse Athéna, mais celui-ci est généralement représenté plus âgé et barbu.

Il est très probable qu’un modèle antique a servi de modèle pour ce petit bronze, mais il n’a jamais été identifié. Les petites statuettes en bronze étaient en effet un produit très attrayant pour des collectionneurs qui n’avaient pas les moyens d’acquérir de grandes statues originales antiques en marbre.

L’invention de cette sculpture est généralement située à Florence, soit en lien avec le sculpteur Maso di Bartolomeo, soit avec l’atelier des frères Pollaiolo, célèbre pour sa maîtrise du bronze et pour son goût pour les figures aux muscles très marqués. L’exemplaire d’Ecouen est néanmoins marqué par de nombreux petits défauts de fonte qui témoignent d’une technique assez expérimentale : la terminaison des doigts est défectueuse, la patine noire est très lacunaire, plusieurs trous ont été rebouchés à froid.