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Coupe à cupules surmontée d’un Amour
Coupe à cupules surmontée d’un Amour © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda

Orfèvrerie d’apparat

L’orfèvrerie d’apparat en argent doré copie la forme des objets du quotidien mais est dénuée d’usage pratique : lors des célébrations, elle est exposée sur des dressoirs en symbole de richesse et de goût.
 

Les objets

Orfèvrerie

Coupe à cupules surmontée d’un Amour

Nuremberg, vers 1609-1629

Cette coupe d’apparat en argent doré est l’œuvre de l’un des meilleurs orfèvres de la première moitié du XVIIe siècle, Hans Pezolt, actif à Nuremberg entre 1578 et 1633. Haute de près de 76 cm, elle incarne le renouveau du style gothique dans l’orfèvrerie de Nuremberg des années 1600 et associe un vocabulaire ornemental hérité de la période médiévale (feuillages en argent blanc, cupules) à des motifs pleinement Renaissance (chimères, consoles, frises de métopes, têtes d’anges…). La silhouette étirée de la coupe, les renflements des cupules et les contrastes entre surfaces mates ou brillantes sont destinés à jouer avec la lumière mouvante des bougies, renforçant le caractère spectaculaire de l’objet. Cette coupe, remarquable par sa taille et virtuose par son décor, a certainement été commandée par la municipalité de Nuremberg en cadeau diplomatique. Le petit Cupidon qui surmonte le couvercle donne à penser qu’elle a été offerte à l’occasion d’un mariage ou d’un traité de paix ; une coupe exactement identique du même orfèvre est conservée au musée de Hambourg.  

Coupe à cupules surmontée d’un Amour
Coupe à cupules surmontée d’un Amour © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Coupe à cupules surmontée d’un Amour

Orfèvrerie

Bassin et aiguière à l’antique

Augsbourg, vers 1580-1585

Bassin et aiguière font partie des objets les plus fréquemment représentés sur les dressoirs ou les buffets d’orfèvrerie à plusieurs niveaux et parfois larges de plusieurs mètres qui étaient dressés à l’occasion des fêtes princières.  La forme de cette aiguière est caractéristique des modèles à l’antique, mis à l’honneur à Rome dès les années 1530-1540 par les graveurs Agostino Veneziano et Enea Vico. Ici, l’orfèvre voulu donner à l’aiguière une forme « archéologique » en exagérant la forme de la panse à la manière d’un vase balustre et en donnant au bec la cassure caractéristique d’un objet trouvé en fouilles.  Le décor combine quant à lui plusieurs sources d’influence. Masques féminins et grotesques sont issus du répertoire maniériste international, mais sont associés à des motifs plus proprement caractéristiques de l’orfèvrerie d’Augsbourg et Nuremberg au tournant des années 1600 : bouquets de fruits, fleurs et oiseaux sont ciselés sur toutes les surfaces de l’aiguière et du bassin.   

Bassin et aiguière à l’antique
Bassin et aiguière à l’antique © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Bassin et aiguière à l’antique