Aller au contenu principal
Vue de salle
Vue de salle © Musée national de la Renaissance / C. Schryve

Les cires

Le musée conserve la plus importante collection française d’œuvres en cire de la Renaissance. On y trouve en particulier une série cohérente de seize portraits du temps des rois Valois, en forme de médaille et conservés dans des boîtes de cuir. 

Les objets

Sculpture

Léda et le Cygne

vers 1550-1580

L’histoire de Léda, princesse grecque séduite par Jupiter, qui lui est apparu sous la forme d’un cygne, a connu un grand succès à la Renaissance : Léonard de Vinci et Michel Ange ont représenté ce thème (originaux perdus). Ici, la version proposée refuse l’érotisme parfois violent qui accompagne souvent ce type de représentation : Léda est simplement assise et enlace doucement le cou du cygne. Cette sculpture est l’œuvre de Martino Pasqualigo, un sculpteur spécialiste du petit format qui a travaillé à Venise et qui a été en contact avec de grands artistes comme le peintre Titien ou le sculpteur Leone Leoni. Il a su tirer profit de toutes les qualités de la cire. Les plumes du cygne, les drapés ou les herbes sont finement modelées dans ce matériau facile à amollir et à travailler. La cire teintée dans la masse a permis de créer des effets chatoyants sur les rochers et de très belles variations de vert sur le sol. Des fausses perles sont incrustées dans la matière pour former les bijoux de Léda.  Tous ces effets font de cette œuvre l’un des chefs-d’œuvre de la céroplastie (l’art de modeler la cire) et l’inscrivent dans un débat qui a passionné la Renaissance : le « paragone » ou comparaison entre les mérites des différents arts. En associant la couleur et le volume, Léda et le Cygne dépasse l’opposition entre la peinture et la sculpture. L’œuvre a fait partie des collections des Médicis au XVIIe siècle.

Léda
Léda © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean
Léda et le Cygne

Sculpture

Portrait de François Ier

France ?, vers 1570

Ce portrait en cire du roi François Ier (1494-1547) fait partie d’une série de seize portraits de mêmes dimensions et rangés dans des boîtes en cuir identiques qui semblent constituer une galerie de personnages réunie volontairement. Il est très proche d’une médaille attribuée au sculpteur Leone Leoni et probablement exécutée entre 1556 et 1559, c’est-à-dire après la mort du roi. Le portrait en cire peut avoir été moulé à partir de cette médaille.  Le roi est représenté de profil avec une cuirasse et le lourd drapé jeté sur l’épaule. Il s’agit ainsi d’imiter les représentations des empereurs antiques avec lesquels les souverains de la Renaissance veulent rivaliser. La sculpture en cire permet un usage très fin de la couleur, comme le montre encore le traitement des chairs du Roi. En revanche, plusieurs autres couleurs ont été altérées comme le vert de la couronne de laurier dans la chevelure ou bien les parties dorées de la cuirasse : on ne distingue plus vraiment aujourd’hui la grosse broche à tête d’ange qui retient le manteau impérial, ni la tête de Méduse (figure de la mythologie qui paralysait ses ennemis) qui ornait le centre du poitrail.

François Ier
François Ier © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle
Portrait de François Ier