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GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean
Léda © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean

Léda et le Cygne

Léda
Léda © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean

L’histoire de Léda, princesse grecque séduite par Jupiter, qui lui est apparu sous la forme d’un cygne, a connu un grand succès à la Renaissance : Léonard de Vinci et Michel Ange ont représenté ce thème (originaux perdus). Ici, la version proposée refuse l’érotisme parfois violent qui accompagne souvent ce type de représentation : Léda est simplement assise et enlace doucement le cou du cygne.

Cette sculpture est l’œuvre de Martino Pasqualigo, un sculpteur spécialiste du petit format qui a travaillé à Venise et qui a été en contact avec de grands artistes comme le peintre Titien ou le sculpteur Leone Leoni. Il a su tirer profit de toutes les qualités de la cire. Les plumes du cygne, les drapés ou les herbes sont finement modelées dans ce matériau facile à amollir et à travailler. La cire teintée dans la masse a permis de créer des effets chatoyants sur les rochers et de très belles variations de vert sur le sol. Des fausses perles sont incrustées dans la matière pour former les bijoux de Léda. 

Tous ces effets font de cette œuvre l’un des chefs-d’œuvre de la céroplastie (l’art de modeler la cire) et l’inscrivent dans un débat qui a passionné la Renaissance : le « paragone » ou comparaison entre les mérites des différents arts. En associant la couleur et le volume, Léda et le Cygne dépasse l’opposition entre la peinture et la sculpture. L’œuvre a fait partie des collections des Médicis au XVIIe siècle.