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Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle

Les armes à feu

Découvrez l'évolution des armes à feu de la Renaissance et leurs accessoires. Des premières arquebuses aux pistolets ornés, explorez l'innovation technique qui a révolutionné la guerre et la chasse, et marqué l'aube d'une nouvelle ère militaire.

Les objets

Arme

Paire de pistolets à rouet

Bavière (Nuremberg ? Augsbourg ?), 4ème quart du XVIe siècle
 

Ces pistolets à rouet sont des armes de cavaliers qui les transportaient dans les fontes de leurs selles. Le pommeau rond de ces armes répond à la fois une exigence technique (leur poids permet d’équilibrer l’arme), mais aussi pratique : il facilite la préhension de l’arme par le cavalier. Le mécanisme de mise à feu est similaire à celui d’un briquet. Le rouet est mis en rotation par un ressort et entre en contact avec une pyrite. Ce frottement engendre une étincelle qui enflamme alors la poudre d’amorçage. Des modèles de ce genre, sûrement moins ornés, étaient utilisés sur les champs de bataille par les reîtres allemands. Ceux portant un décor plus élaboré et fragile, comme ces exemplaires, étaient plutôt destinés à la chasse. Le cavalier devait alors rejoindre au galop un grand animal (cerf, sanglier, chevreuil, etc.) et une fois arrivé à sa hauteur, le déborder pour tirer de haut en bas presque à bout portant. Nos exemplaires sont richement décorés d’incrustations de corne de cerf gravées de motifs de rinceaux, masques et d’animaux chimériques. Ces sujets sont issus des recueils d’ornement qui circulaient largement au XVIe siècle partout en Europe.  

Paire de pistolets à rouet
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Philippe Fuzeau
Paire de pistolets à rouet

Arme

Arquebuse

Allemagne

Daté et marqué sur le tonnerre : 1666, TSH

L’arquebuse est la première arme à feu portative européenne, inventée au début du XVIe siècle. Elle est aussi bien utilisée à la chasse qu’à la guerre. Son incorporation dans l’armement de l’infanterie va d’ailleurs profondément bouleverser l’art de la guerre à la Renaissance. Les guerres d’Italie sont les premiers théâtres de déploiement de ces armes et des nouvelles tactiques et stratégies qui les accompagnent.  L’arquebuse ici présentée est probablement une arme de chasse, comme le montre son décor en incrustation d’ivoire qui a pour sujet une chasse à l’ours. Son système d’allumage est à mèche, un système plus ancien que le rouet et qui va coexister tout au long des XVIe et XVIIe siècles. La mèche qui sert à la mise à feu est placé entre les mâchoires d’un serpentin, ce qui libère la main de l’arquebusier et lui permet d’épauler l’arme avant le tir. En pressant la détente, il fait plonger la mèche préalablement allumée dans le bassinet, mettant ainsi le feu à la poudre d’amorçage qui y est contenue. Ce système demeure peu fiable, tant le taux d’humidité de l’air impacte la mèche mais également les propriétés explosives de la poudre noire. L’arquebuse n’en demeure pas moins une arme efficace avec une cadence de tire de deux coups par minutes et une portée effective de 200 mètres (pour une portée maximum de 400m.)  

Arquebuse
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Philippe Fuzeau
Arquebuse

Arme

Poire à poudre

Bavière (Augsbourg ? Nuremberg ?), vers 1600

La poire à poudre, parfois appelé poudrier ou pulvérin, est un accessoire indispensable du soldat comme du chasseur et sert à transporter la poudre noire en grains. Sa forme varie beaucoup dans le temps au gré des modes et elle peut être fabriquée dans tous types de matériaux précieux ou non comme le bois, l’ivoire, le cuir, le tissu, la corne ou encore le bronze. Les poires anciennes qui nous sont parvenues ont été collectionnées pour la qualité de leurs décors, très variés selon les goûts des propriétaires : sujets galants, héroïques, mythologiques ou cynégétiques. Celle qui est présentée ici est une poire piriforme en bronze dorée. Au centre a été inséré une plaquette représentant une scène à quatre personnages qui peut être identifiée comme "César recevant la tête de Pompée" sur un modèle de l’orfèvre allemand Georg Pencz (Nuremberg, vers 1550). L’ornementation est accentuée par les nombreuses gravures sur la surface de végétaux, masques, figures en termes, putti et renards au centre desquels se tient la figure en pied de Mars, inspirée d’une gravure d’Etienne Delaune (dont le musée conserve un exemplaire sous le numéro Ec. 1716.)  

Poire à poudre
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Poire à poudre

Arme

Moule à balles

France, 4ème quart du XVIe siècle

Autre élément indispensable pour le tireur, les balles sont au XVIe siècle à base de plomb et produite de manière artisanale. Le processus de fabrication par moulage exigeait de fondre le plomb à haute température avant de le verser dans un moule comme le nôtre constitués de deux demi-coquilles que l'on assemblait pour former une cavité sphérique. La taille du moule était cruciale, car elle devait correspondre au calibre spécifique de l'arquebuse pour assurer une bonne portée et une trajectoire stable. Il existait une grande diversité de calibres, et la standardisation était encore loin d'être parfaite. Une fois le métal solidifié le moule était rouvert et la balle extraite puis limé pour enlever les aspérités. Une surface lisse et uniforme était essentielle pour réduire la résistance à l'air et garantir une trajectoire précise.  

Moule à balles
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Moule à balles

Arme

Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis

Paris, vers 1560-1566 

En dépit de sa petite taille, ce canon miniature a dû fonctionner comme un véritable canon il en conserve tous les éléments caractéristiques : un affut monté sur deux tourillons qui permet le basculement et une lumière (trou pour passer la mèche d’allumage) de mise à feu. L’éclatement de la partie droite est ainsi probablement dû à un tir avec une charge de poudre excessive et une fonte inadaptée. Ce petit canon qui porte les emblèmes de la Reine-mère Catherine de Médicis a vraisemblablement était fondu dans les ateliers de l’Arsenal de Paris qui avaient obtenu le privilège de la fonte des canons royaux au milieux du XVIe siècle.  Le riche décor de notre modèle est à mettre en parallèle avec un canon similaire aux armes de Charles IX conservé au musée du Louvre. C’est d’ailleurs grâce aux monogrammes de Catherine de Médicis (deux C dont les branches traversent les hastes du H) et à l’emblème de son fils (deux colonnes qui se croisent) que l’on peut dater ces deux canons entre 1560 et 1566. On distingue en plus sur le renfort de notre canon un cartouche traité en cuir sur lequel sont représentées les armoiries de la reine Catherine de Médicis, entourées d'une cordelière. La volée est traitée comme une colonne, la tulipe formant un chapiteau composite avec une rangée de feuilles d'acanthe cachant à moitié des godrons ovales. Un cordon de renfort est décoré d'un rang de perles. De ce cordon s'échappent des feuilles d'acanthe qui masquent le départ d'une branche de lierre qui s'enroule le long de la volée du canon qu'elle recouvre de ses feuilles largement étalées.  La présence de ces petits canons richement décorés dans plusieurs collections institutionnelles (Louvre, Wallace collection, musée Harding à Chicago) ou privées montre le goût pour ces objets dans la seconde moitié du XVIe siècle. On en ignore cependant l’usage exact bien qu’il soit possible d’émettre l’hypothèse de cadeau de choix ou de divertissement de fête.   

Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle
Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis