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Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis

Canon (réduction) aux armes de Catherine de Médicis
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle

En dépit de sa petite taille, ce canon miniature a dû fonctionner comme un véritable canon il en conserve tous les éléments caractéristiques : un affut monté sur deux tourillons qui permet le basculement et une lumière (trou pour passer la mèche d’allumage) de mise à feu.

L’éclatement de la partie droite est ainsi probablement dû à un tir avec une charge de poudre excessive et une fonte inadaptée. Ce petit canon qui porte les emblèmes de la Reine-mère Catherine de Médicis a vraisemblablement était fondu dans les ateliers de l’Arsenal de Paris qui avaient obtenu le privilège de la fonte des canons royaux au milieux du XVIe siècle. 

Le riche décor de notre modèle est à mettre en parallèle avec un canon similaire aux armes de Charles IX conservé au musée du Louvre. C’est d’ailleurs grâce aux monogrammes de Catherine de Médicis (deux C dont les branches traversent les hastes du H) et à l’emblème de son fils (deux colonnes qui se croisent) que l’on peut dater ces deux canons entre 1560 et 1566. On distingue en plus sur le renfort de notre canon un cartouche traité en cuir sur lequel sont représentées les armoiries de la reine Catherine de Médicis, entourées d'une cordelière. La volée est traitée comme une colonne, la tulipe formant un chapiteau composite avec une rangée de feuilles d'acanthe cachant à moitié des godrons ovales. Un cordon de renfort est décoré d'un rang de perles. De ce cordon s'échappent des feuilles d'acanthe qui masquent le départ d'une branche de lierre qui s'enroule le long de la volée du canon qu'elle recouvre de ses feuilles largement étalées. 

La présence de ces petits canons richement décorés dans plusieurs collections institutionnelles (Louvre, Wallace collection, musée Harding à Chicago) ou privées montre le goût pour ces objets dans la seconde moitié du XVIe siècle. On en ignore cependant l’usage exact bien qu’il soit possible d’émettre l’hypothèse de cadeau de choix ou de divertissement de fête.