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Masse d’arçon
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Les armes blanches

Plongez au cœur de la Renaissance avec notre collection d'armes blanches. De la rapière à la hallebarde, admirez la prouesse technique et l'élégance artistique de ces lames qui ont marqué l'histoire et les duels de l'époque.

Les objets

Arme

Rapière

Lombardie (Italie), 1ère moitié du XVIIe

Le XVIe siècle européen voit se développer le port de l’épée dans un contexte civil. L’épée est aussi bien un marqueur de rang social qu’un accessoire indispensable de la tenue masculine en plus d’être une arme d’auto-défense. Depuis l’Italie va se diffuser un art de l’escrime moderne qui va considérablement modifier la forme et l’usage de ces épées. Privilégiant la frappe d’estoc (avec la pointe) plutôt que la frappe de taille (avec les tranchants), ce nouveau style favorise la création d’épée longue et fine donnant ainsi naissance à la rapière. Les écoles du sud de l’Europe (Italie, France et Espagne) vont privilégier un maniement où l’index vient se placer par-dessus les quillons de la garde augmentant ainsi la maniabilité et la précision. Cependant cette technique laisse la main à découvert ce qui va progressivement faire évoluer la garde auquel seront ajoutés différents éléments (pas-d’âne, arc de jointure, contre garde, anneaux…) qui permettront de venir protéger la main de l’escrimeur. Outre leur fonction pratique ces éléments serviront de support aux recherches esthétiques des armuriers et fourbisseurs. 

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© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Thierry Ollivier
Rapière

Arme

Dague de main gauche

Italie ou Espagne ?, dernier quart du XVIe 1ère moitié du XVIIe siècle
 

Ce type de dague, aujourd’hui connu sous le nom de dague de main gauche, a été conçu pour accompagner l’escrime civile à deux armes développée à partir du milieu du XVIe siècle. Créée pour parer la lame de l’épée adverse, elle porte aussi le nom de dague de parade. Les armes blanches et surtout les épées et les dagues étant des accessoires de mode masculin, elles étaient souvent conçues pour aller de paire et commander ensemble au fabricant. Elles partageaient ainsi le même décor et le même type de garde. La forme « en tasse » (« a taza ») est caractéristique des armes espagnoles du XVIIe siècle. Néanmoins leur production s’étendait également jusqu’en Lombardie alors sous domination hispanique. La forme de la garde est moins complexe et élégante que les formes précédentes mais s’avère plus couvrante et protectrice. Pour améliorer l’esthétisme global les armurier et fourbisseurs repercé l’acier de « la tasse » et la travaillait en réseaux de rinceaux ou végétaux fleuri. La notre compte également une gravure sur le ricasso (la partie de la lame la plus près de la garde) et sur le fort de la lame qui continue la décoration maniériste de rinceaux fleuris.   

Dague de main gauche
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Christophe Chavan
Dague de main gauche

Arme

Épée d’apparat du marquis de Pescara

Ferrare (Italie), vers 1510-1525 

Cette épée à large lame à double tranchant a une fonction d’apparat. Elle se distingue des épées d’usage autant par sa forme que par la richesse de son décor. Elle a été rapprochée de l’épée de César Borgia (Rome, collection Caetani) et est probablement issu des mêmes ateliers de Ferrare. Le décor damasquiné doré se développe sur le tiers supérieur des deux côtés de la lame. Dans des encadrements de rinceaux prennent place deux figures accompagné de citations latines : d’un côté Mars, dieu de la guerre, accompagné de la légende « peschario martis debetur martius ensis » (« l’épée martiale de Mars revient à Pescara ») et de l’autre sainte Barbe, patronne des gens de guerre accompagné de l’inscription « Barbara adest tutus medios potes ire per hostes » (« Barbe est là, tu peux avancer protégé au milieu de tes ennemis »). L’inscription dédicatoire nous apprend que l’épée appartenait à Fernando d’Avalos, marquis de Pescara. Né le 11 novembre 1489 à Naples, Fernando Francesco d'Ávalos, marquis de Pescara, est issu d'une famille noble d'origine espagnole. D'Ávalos se distingue rapidement dans la carrière militaire. En 1512, lors de la bataille de Ravenne, il commande un contingent de cavalerie légère mais est blessé et fait prisonnier par les Français. Il défit le chevalier Bayard en 1524 et reçut la reddition de François Ier à Pavie (1525). Il meurt à Naples en décembre 1525 sans descendance.  

Épée d’apparat du marquis de Pescara
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Thierry Ollivier
Épée d’apparat du marquis de Pescara

Arme

Masse d’arçon

Italie, XVIe siècle

La masse d’arme est encore employée au combat au XVIe siècle, notamment comme arme de corps à corps par la cavalerie légère. Cependant l’exemplaire présenté ici, au vu de son décor gravé et doré, est plutôt une arme d’apparat. La masse d’arme reste pendant la Renaissance un symbole d’autorité. D’un point de vue symbolique elle représente alors la délégation d’un pouvoir de justice.  Cette masse en acier bleui et doré se compose d’une tête armée de sept ailettes à pointes aiguës qui s'implantent dans une tige cylindrique prolongée par une pointe quadrangulaire. Son manche également cylindrique, est orné d’un décor gravé et doré figurant une branche sinueuse, entre deux viroles dorées ; sa poignée est garnie de velours, probablement remplacé au XIXe siècle.  

Masse d’arçon
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Masse d’arçon

Arme

Hallebarde

Allemagne, milieu du XVIe siècle 

Poinçon : I avec un x en bas dans un écu Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la hallebarde est une arme légère et maniable qi fait l’objet d’une véritable escrime. Cette dernière utilise toutes les parties de l’arme : la longue pointe quadrangulaire sert à porter des coups d’estocs notamment dans les combats rapprochés entre lignes d’infanteries. Le fer de hache qui est ici à tranchant concave est utilisé pour les coups de taille ou pour crocheter les lames des opposants par exemple. Enfin le croc, ici en bec d’aigle, est employé contre la cavalerie afin de trancher les jarrets des chevaux adverses ou bien pour désarçonner les cavaliers en s’accrochant aux jointures de l’armure ou dans la cote de maille. La longueur de la hampe (qui mesure entre 1m70 et 2m) est une protection efficace contre les armes adverses épée ou hache. Avec les développements des armes à feu et notamment des mousquets, l’arme sera progressivement abandonnée au XVIIe siècle et sera relégué au rang d’insigne de fonction pour les sergents dans le cas de l’armée française.   

Hallebarde
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Hallebarde