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Vue de salle
Vue de salle © Musée national de la Renaissance / C. Schryve

Le mobilier sous Henri IV et Louis XIII

   

A partir du règne d’Henri IV (1593-1610), puis sous son fils, Louis XIII (1610-1643), le mobilier se transforme avec le développement des techniques d’ébénisterie qui consistent à plaquer la surface du meuble, généralement avec un bois noir exotique, l’ébène. Durant cette période, triomphe le cabinet, portatif ou non, qui se caractérise par ses nombreux petits tiroirs cachés derrière des vantaux.

Les objets

Meubles et panneaux

Cabinet en maroquin

France, vers 1620

Ce cabinet en cuir est un témoignage presque unique d’un type de mobilier courant, mais rarement conservé en raison de sa fragilité. Le bâti en bois résineux très simple du meuble est dissimulé par un riche revêtement en cuir, doré aux fers (avec un décor imprimé en creux) et mosaïqué (des losanges et des ovales des cuirs de couleurs sont incrustés dans le cuir rouge dominant). Cette technique reflète le savoir faire d’un corps de métiers connu à Paris sous le nom de « coffretier-malletier ».  Ce cabinet est aussi un objet très particulier par sa forme qui devait déjà paraître surprenant de son temps et qui a été conçu en fonction d’un usage très précis. La partie supérieure peut-être déplacée sans le piètement dans lequel elle s’encastre et elle est facilement transportable grâce à des poignées latérales. Derrière les deux vantaux habituels, on ne trouve que des grands tiroirs (ou layettes) sans aucun vide central, contrairement à ce qui est généralement le cas dans les cabinets français du début du xviie siècle, où l’on trouve une sorte de petit temple ou de théâtre en perspective accentuée. Le meuble est donc tout entier voué à l’utilité et non à l’apparat. Enfin, l’intérieur des tiroirs est recouvert d’un papier marbré (fait de plusieurs couleurs mêlées entre elles) qui était très utilisé pour faire les reliures des livres, mais très rare dans le domaine du mobilier.

Le cabinet en maroquin
Le cabinet en maroquin © © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Gabriel De Carvalho
Cabinet en maroquin

Meubles et panneaux

Armoire dite « aux cavaliers »

France, après 1617-vers 1625

L’armoire aux cavaliers illustre le type de mobilier de rangement le plus répandu en France durant la seconde moitié du XVIe siècle et la première moitié du suivant. Il s’agit d’un « meuble à deux corps » car il est composé de deux parties superposées qui peuvent être séparées l’une de l’autre, chacune étant fermée par deux vantaux. C’est un témoignage exceptionnel de la diffusion en France de l’image royale dans tous les domaines de la vie quotidienne à partir du début du XVIIe siècle : les deux vantaux supérieurs de cette armoire sont en effet ornés de portraits équestres d’Henri IV et de son fils Louis XIII. Alors que l’image royale à cheval était très rare du temps des derniers rois de la dynastie des Valois, éteinte en 1589 avec l’assassinat du roi Henri III, elle se répand largement du temps de leurs successeurs Bourbons, en particulier grâce à la gravure. C’est d’ailleurs une estampe de Matthieu Mérian, créée en 1617, qui a servi de modèle pour le vantail orné de Louis XIII. L’armoire aux cavaliers se caractérise enfin par une ornementation qui recouvre toute la face principale et qui mélange des thèmes très hétérogènes : scènes de chasse, tresses de fruits et animaux fantastiques sur le fronton (des chevaux marins).

Armoire dite « aux cavaliers »
Armoire dite « aux cavaliers » © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Armoire dite « aux cavaliers »