La terre et le ciel
Les « grandes découvertes » du XVIe siècle confirment la vision de la Terre héritée de l’Antiquité : la Terre est une sphère que l’on peut diviser en latitudes et en méridiens.
Astronomie et astrologie sont encore intiment liées, les savants cherchant à interpréter les événements terrestres en fonction des mouvements des astres.
Les objets
Instruments de mesure
Astrolabe planisphérique
Louvain, 1561
Les astrolabes planisphériques sont attestés dès l'Antiquité ; leur utilisation est signalée dans un traité grec du IVe siècle. Perfectionnés en terres d'Islam, où les plus anciens exemplaires conservés ont été fabriqués, ils sont transmis à l'Europe dès le XIe siècle par l'Espagne. A partir de visées sur des étoiles de références, ils permettent de déterminer des heures, des dates et de s’orienter par rapport au soleil, mais aussi de mesurer des angles et de calculer des distances. Les astrolabes bénéficièrent d'un réel engouement à la Renaissance, en particulier dans l'entourage des princes et trouvent également leur place dans d'autres domaines liés aux mathématiques, tel que la navigation (avec les astrolabes nautiques) et l'arpentage (avec les cercles d'arpenteurs). Les astrolabes planisphériques sont composés de quatre parties principales : une " araignée rotatoire " (représentant une projection du ciel), une série de " tympans " (figurant des cercles de coordonnées et de lignes horaires), une " alidade " (c'est-à-dire d'un dispositif de visée du soleil) et un élément de suspension. En fonction de la hauteur du soleil et de la date d'observation, il était ainsi possible de connaître la position des étoiles à un moment de la journée. Cet astrolabe en laiton est remarquable, pour cette époque, par ses dimensions ; il mesure environ 34 centimètres de diamètre. Une inscription permet de l'attribuer à Gualterus Arsenius, actif à Louvain dans les années 1560. Le dispositif de cet astrolabe est particulièrement élaboré. L'araignée porte le nom de 51 planètes. La plaque centrale (" mère ") est gravée sur ses deux faces (d'un quadratum nauticum et d'un saphea Azarchelis). L'instrument est enfin doté de trois tympans.
Instruments de mesure
Globe céleste
Italie ou Europe centrale, 1502
Composé de deux demi-sphères en cuivre doré, de 69 centimètres de diamètre et de deux millimètres d'épaisseur, et d'une armature interne en fer, le globe du Musée national de la Renaissance est le plus ancien grand globe céleste occidental conservé. Si la date de sa réalisation (1502) est connue grâce à une inscription placée sur le 85e parallèle, on ignore en revanche son origine. Ses dessins finement gravés s’inscrivent dans une rupture stylistique avec la tradition islamique ; les constellations tournent ici encore le dos à l’observateur extérieur pour faire face à la terre, qu’il faut imaginer au centre de la sphère céleste. Un réseau de méridiens et de parallèles zodiacaux couvre l'ensemble du globe. A ceux-ci s'ajoutent l'équateur, les tropiques et les cercles polaires. Environ 750 étoiles sont marquées par différents symboles correspondant à leur importance ; 85 sont nommées. Les images des 48 constellations représentent 14 personnages et 25 animaux, dont les gestes particulièrement originaux montrent la créativité de l'artiste qui a su s'affranchir des modèles antérieurs ; à ceux-ci s'ajoutent neuf objets divers.