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Les objets

Céramique

Carreau de poêle aux armes de la famille Wolkenstein

Autriche (Linz ?), 1608

Souvent décorés de motifs tirés de gravures, les poëles constituent le moyen de chauffage privilégié dans les pays germaniques. Encadré de bordures carrées bleues, blanches et vertes, ce carreau de poêle présente sur un fond jaune la date de 1608 ainsi que les armes des Wolkenstein-Rodenegg. Ces derniers constituent l'une des plus importantes familles autrichiennes du début du XVIIe siècle, principalement connue pour la construction de leur palais résidentiel de Linz, devenu aujourd'hui l'hôtel de ville, entre 1606 et 1608. Cette datation incite par ailleurs à reconnaître comme commanditaire de l'édifice ayant abrité le poêle dont provient ce carreau Georg, baron de Wolkenstein-Rodenegg (1559-1614), fastueux bibliophile dont le tombeau est encore conservé dans l'église de Bruneck, dans le nord de l'Italie.

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© RMN
Carreau de poêle aux armes de la famille Wolkenstein

Sculpture

Vierge de Lorette

Italie centrale (Marches ?), seconde moitié du XVIe siècle

    Ce relief en albâtre exécuté par un sculpteur italien anonyme de la seconde moitié du XVIe siècle constitue l'un des meilleurs exemples de l'influence d'une plaquette de bronze liée au pélerinage de Lorette, dans la région des Marches. Selon la tradition, la Santa Casa, la maison de la naissance de la Vierge, aurait été apportée par des anges en Italie en 1294. Cet édifice fut en réalité envoyé de Nazareth par le prince byzantin Nicéphore Ier Doukas en 1291, puis réassemblé à Lorette en 1294. L'afflux croissant de pèlerins explique l'édification entre 1468 et 1587 d'une importante basilique, à l'embellissement de laquelle travaillent notamment des sculpteurs florentins et vénitiens comme Giuliano da Maiano et Jacopo Sansovino.    La diffusion de l'image mariale à destination des pélerins s'appuie principalement sur des gravures et de pendentifs métalliques. Elle prend également la forme de plaquettes de bronze doré d'environ 13 centimètres de longueur, ornées ou non de l'inscription "LORETA" ainsi que d'une image de la Vierge à l'Enfant assise devant une représentation stylisée de la basilique soutenue par des anges.  Ce modèle est connu en plusieurs exemplaires, comme celui du Musée national de la Renaissance (E. Cl. 20019). Il a tour à tour été attribué à Andrea Sansovino, à l'atelier de celui-ci ou encore à Aurelio Lombardi, et est traditionnellement daté du deuxième quart du XVIe siècle, bien que l'existence de nombreuses variantes suggère que plusieurs ateliers aient pu créer des plaques de ce type durant plusieurs décennies. La redécouverte de cette plaque d'albâtre permet de confirmer que la popularité de la plaquette métallique auprès des pèlerins a également suscité l'intérêt des artistes.Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance

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© RMN-GP
Vierge de Lorette

Céramique

Pot trompeur

Saintonge, fin du XVIe siècle

Ce pot trompeur de Saintonge enrichit aujourd’hui les collections du musée national de la Renaissance, qui ne présentait jusqu’alors qu’une seule pièce originaire des ateliers de cette région (E. Cl. 7693). Le pot est dit « trompeur » car il ne s’agit pas d’un simple pichet. Deux conduits percés sous le pied permettent de verser différents liquides. Deux médaillons ornent la panse : au centre du premier, une salamandre couronnée, emblème de François Ier, est surmontée de trois flammes ; sur le second se déploie un aigle bicéphale, également couronné. Ces deux motifs font certainement allusion aux noces du roi de France et d’Éléonore d’Autriche en 1530. Une pièce conservée au musée du Louvre porte les mêmes armoiries (MR 2351). Ce répertoire héraldique perdure jusqu’au XVIIe siècle. Deux anses, de part et d’autre, portent des mascarons. Enfin, le pot est ceint d’une monture simulant un travail d’orfèvre et permettant de proposer une datation vers 1580. Un vase trompeur de même forme, daté du XVIIe siècle, est conservé au musée Dupuy-Mestreau, à Saintes. Ces pièces témoignent de la qualité des céramiques de Saintonge, qualifiées parfois de demi-luxe, intermédiaires entre la vaisselle commune et la vaisselle précieuse. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance.  

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© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Écouen) / Benoît Touchard
Pot trompeur

Peinture sous verre

Sainte Madeleine

Anvers ?, 1515-1530

Cette peinture sous verre du XVIe siècle est le rare témoignage d'une technique longtemps attribuée aux seuls ateliers vénitiens mais pratiquée en réalité au nord des Alpes, comme le prouve notamment le Retable de Villefranche-de-Rouergue conservé au Musée national de la Renaissance.  Elle est composée d'un élément central figurant sainte Madeleine, encadré de cinq plaques serties de plombs, ornées de deux colonnes et de rinceaux. Cette réalisation picturale de grande qualité renvoie par sa mise en page autant que par son style aux productions des peintres anversois du premier quart du XVIe siècle. Si plusieurs productions de Quentin Metsys (1466-1530) et du Maître de la Madeleine Mansi (actif vers 1515-1525) offrent d'intéressants éléments de comparaison par leur composition, l'analogie stylistique la plus convaincante renvoie au Maître de 1518, dont une Sainte Madeleine présente le même traitement du visage, des cheveux, de la bouche et des mains (Londres, National Gallery). Une autre peinture sous verre de même sujet, conservée au  Kunstgewerbemuseum de Berlin, présente par ailleurs de fortes affinités avec celle acquise par Ecouen. Son attribution traditionnelle à un atelier actif aux Pays-Bas méridionaux vers 1510-1520 corrobore les rapprochements effectués avec la peinture anversoise des années 1515-1530, et incite une fois encore à y reconnaître une rare peinture sous verre nordique de la Renaissance. L'hypothèse d'une fabrication anversoise de cette œuvre demeure donc la plus probable, bien qu'il ne soit pas possible de réfuter catégoriquement celle d'une création amstellodamoise inspirée par celles des proches de Quentin Metsys.

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© RMN-GP
Sainte Madeleine

Livre imprimé

Enchiridion utriusque musicae practicae

Wittemberg, 1538

     Compositeur, théoricien et pédagogue, Georg Rhau compte parmi les éditeurs allemands les plus importants de la Réforme. Il participa à la diffusion littéraire et musicale voulue par Martin Luther. Rhau est l’auteur d’ouvrages courts et pratiques à usage collectif ou familial. Deux d’entre eux sont ici reliés ensemble : le premier concernant le plain-chant et l’autre consacré à la musique polyphonique. Le terme d’Enchiridion désignait en latin comme en grec un traité ou un manuel. Sous ces titres « à l’antique », les deux volumes proposent un texte pédagogique en latin et de nombreux morceaux de musique gravés. Destinés aux enfants de choeur, ils leur permettaient d’apprendre la solmisation en soulageant leur mémoire pendant ce long processus. Les livres tels que ces Enchiridia ont progressivement supplanté la transmission orale. Leur entrée dans les collections conforte la place essen­tielle de la musique – profane ou sacrée – dans la civilisation de la Renaissance.

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© Rmn/Grand Palais
Enchiridion utriusque musicae practicae

Gravure

La Mort du roy Henri II aux Tournelles à Paris le 10 juillet 1559

1570

           Tirée d’une suite plus importante représentant les guerres de religion, cette estampe servit de modèle à l’une des tapisseries de la tenture dont le musée national de la Renaissance conserve trois pièces (E.Cl. 2755 à 2757). Artistes lyonnais, calvinistes, Jacques Tortorel et Jean Perrissin, alors réfugiés à Genève, reçurent une commande de deux négociants flamands pour des gravures concernant les guerres civiles qui déchirèrent la France. Le recueil, imprimé en 1569-1570, devait être suivi d’un deuxième volume continuant le récit, qui ne vit jamais le jour. Les événements représentés se situent entre juin 1559 et mars 1570 : des faits menant à la première guerre civile jusqu’aux batailles de la troisième guerre. Ces gravures sur bois diffusées par les libraires et les colporteurs connurent un grand succès, et furent l’objet de multiples rééditions au cours des siècles (cat. exp. D’Encre et de Sang, Écouen, musée national de la Renaissance et Noyon, musée Jean Calvin, 2006). La Mort d’Henri II montre le souverain sur son lit de mort mais apporte surtout de précieux témoignages sur le cérémoniel de la Pompe Funèbre royale comme sur le décor intérieur et l’ameublement. En 2013, la Société des Amis offrait également au musée Le Tournoi des Tournelles, gravure allemande du XVIIe siècle d’après Tortorel et Perrissin (Ec. 1985) qui représente l’épisode au cours duquel le roi de France fut mortellement blessé. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance

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© RMN-GP
La Mort du roy Henri II aux Tournelles à Paris le 10 juillet 1559

Gravure

Ecouen, façades dans la cour, Octave de Rochebrune, 1865

1865

La figure d’Octave de Rochebrune illustre parfaitement un type d’aristocrate de province, politiquement conservateur, érudit et artiste à ses heures. Formé au paysage auprès de Justin Ouvrié qui travailla aux lithographies des Voyages pittoresques du baron Taylor, il s’initia à l’estampe en autodidacte, mais la pratiqua avec assiduité, laissant plus de cinq cents œuvres à sa mort. Le château d’écouen est le seul sujet que grava Octave de Rochebrune en Île de France, ce qui témoigne de l’importance que l’édifice pouvait avoir aux yeux de ce passionné de la Renaissance. La vue de la cour est très caractéristique de sa méthode de travail qui magnifie l’architecture par la perspective et le contre-jour tout en disposant de nombreux détails réalistes et pittoresques (personnages en costume contemporain, stores et pots de fleurs). Cette vue n’est pas un témoignage documentaire sur l’état de l’édifice en 1865 : les statues et les bustes qui ornent le frontispice d’entrée ont été restitués à partir des estampes publiées en 1579 par Jacques Androuet du Cerceau.     Don de Jacques Polain, Ec.1983

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© (C) RMN-Grand Palais
Ecouen, façades dans la cour, Octave de Rochebrune, 1865