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Couteaux à emblématique de mariage
Couteaux à emblématique de mariage © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Couteaux à emblématique de mariage

Couteaux à emblématique de mariage
Couteaux à emblématique de mariage © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Ces couteaux en fer, dont le manche est enveloppé d’une fine tôle d’argent estampée, sont caractéristiques de la coutellerie de table utilisée pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Il s’agit d’objets personnels, que l’on produit le plus souvent en ensemble de six à douze pièces et que l’on transporte avec soi dans un étui. On ne s’en sert pas pour découper la nourriture (les couteaux à trancher possèdent des dimensions plus imposantes) mais bien pour piquer les morceaux dans les plats. Au vu de la technique d’estampage du métal sur le manche, il est assez probable qu’il s’agisse d’une production « en série » réalisée par des couteliers et non des orfèvres. 

Ces couteaux portent sur leur manche un décor allégorique complexe, associant des monogrammes (DD et AA), des lettres grecques (ΦΦ et λ λ) et des symboles liés au thème de la fidélité et de l’amour conjugal (S barrés, dits « fermesses » et flèches). On a longtemps voulu lire dans les initiales une référence à Diane de France, duchesse d’Angoulême et épouse de François de Montmorency ; cependant, la fréquence de ce vocabulaire ornemental sur d’autres couverts, mais également sur des reliures, laisse supposer qu’il s’agit plutôt de symboles codés liés au contexte matrimonial dans lequel ils étaient offerts : les lettres grecques Φ associées à un delta ou un D et parfois à un λ forment ainsi une combinaison fréquente et sont généralement comprises comme un jeu autour du mot « fidélité ».