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Jupiter et Latone
Jupiter et Latone © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda

Cette section revient sur les chefs-d’œuvre des collections de tapisseries.

Les objets

Tapisserie

Jupiter et Latone

Paris, vers 1550

Plusieurs épisodes se succèdent au sein de cette tapisserie : sous le couvert d’une forêt, Jupiter séduit la nymphe Latone ; enceinte, celle-ci subit la malédiction de Junon, survolant la scène dans son char tiré par des paons ; la jeune femme s’enfuit, pourchassée par le serpent Python sous la forme d’un dragon ; guidée par l’aigle de Jupiter, elle se réfugie sur l’île de Délos.  L’histoire est reprise dans le poème rédigé en français, situé dans le cartouche supérieur. Le faux pilastre de la bordure de droite est orné d’emblèmes liés à la déesse Diane et du double delta, le monogramme de Diane de Poitiers, destinataire de la tenture d’où cette pièce provient et maîtresse du roi. Vendue à la fin du XVIIe siècle à un aristocrate génois, la tenture ornait très probablement les appartements du roi au château de Diane de Poitiers à Anet. Le programme mettant en scène des épisodes mythologiques liés à la déesse Diane revient à Jacques de Vintimille, poète de cour, également à l’origine des sentences latines secondaires et des textes en français. Il s’inspire en grande partie des Métamorphoses d’Ovide. L’ensemble a sans doute été conçu dans un premier temps pour le dauphin Henri et sa favorite. Les modèles ont probablement été dessinés par Charles Carmoy qui comptait parmi les collaborateurs les mieux payés de Rosso Fiorentino et de Primatice sur les chantiers royaux. Il entre au service de Diane de Poitiers vers 1550-1551.  

Jupiter et Latone
Jupiter et Latone © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Jupiter et Latone

Tapisserie

L'Âge viril de l'homme

Florence, vers 1564

Au XVe siècle, les Médicis manifestent un grand intérêt pour les tapisseries, qu’ils achètent massivement dans les Pays-Bas. Soucieux de promouvoir l’industrie florentine, Côme Ier décide en 1545 de fonder une manufacture en Toscane, dirigée par deux liciers flamands. Il confie à l’atelier de Benedetto Squilli le soin de tisser les pièces destinées à orner les murs du Palazzo Vecchio, lieu d’exercice de son pouvoir. Des peintres prestigieux, comme Bronzino, Alessandro Allori et Giovanni Stradano, sont sollicités pour fournir des cartons à sujets mythologiques ou religieux, dont la symbolique est subtilement liée à l’histoire des Médicis et à leur idéal de gouvernement. L’Âge viril, un élément d’un cycle consacré à la Vie de l’homme d’après des dessins de Giovanni Stradano, répond ainsi aux aspirations philosophiques du cénacle humaniste florentin. La scène figure une allégorie de l’Homme, guidé par la Foi tenant un bol pourvu d’ailes (symbole de la vie contemplative et de la vie active) et par l’Innocence (accompagnée d’un angelot) vers la montagne où siège l’illumination divine. La vivacité des couleurs et la richesse de la bordure ornementale en font un superbe exemple de tapisserie maniériste italienne.  

L’Age viril de l’homme
L’Age viril de l’homme © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Gérard Blot
L'Âge viril de l'homme