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Quelques acquisitions réalisées par le musée national de la Renaissance

Les objets

Arts du métal

Médaillon en bronze représentant une bataille

Augsbourg, XVIème siècle, Période moderne Renaissance

Cette plaquette circulaire n’est pas recensée dans la grande étude d’Ingrid Weber parue en 1975, ce qui souligne la rareté de cette pièce dont le sujet – peut-être tiré de l’Ancien Testament – reste à identifier : à senestre, un homme barbu accompagné de plusieurs femmes vêtues d’amples drapés semble en fuite devant une armée qui attaque à dextre, mais qui est repoussée par des fantassins, tous vêtus à l’antique, tandis que plusieurs ballots jonchent le sol. Par sa forme, ses dimensions, le style des figures marquées par une importante élongation, les drapés qui se confondent parfois avec le corps, cette plaquette doit être rattachée aux ateliers actifs dans le sud de l’Allemagne durant la seconde moitié du xvie siècle (Nuremberg et Augsbourg en particulier). Les scènes de bataille avec de denses mêlées de personnages se retrouvent également dans les estampes de Jost Amman (1539-1591) illustrant les œuvres de Tite-Live et de Flavius Josèphe.

Médaillon en bronze représentant une bataille
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Médaillon en bronze représentant une bataille

Estampe

Recueil factice de planches d’ornements et pendentifs

Entre 1573 et 1582

Ce recueil factice, constitué à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle, rassemble quatre suites de modèles de bijoux dessinées et gravées par Hans Ier Collaert (à l’exception de la dernière, gravée par Adriaen Collaert sur des modèles de son père) et publiées entre 1573 et 1582. Ces modèles marquent l’évolution du goût pour la parure à la fin du XVIe siècle : on passe de bijoux très structurés, en forme de petits édifices à l’antique, à des pendentifs à la fantaisie débridée, adoptant des formes fantastiques de monstres marins. La place laissée au décor émaillé recule au profit des pierres précieuses, reflétant les progrès dans les techniques de taille. Ces suites gravées ont connu une large diffusion et ont marqué de façon visible les productions européennes. Elles constituent un répertoire à usage pratique de motifs ornementaux, offrant aux orfèvres de multiples combinaisons de techniques et de matériaux.

Recueil factice de planches d’ornements et pendentifs
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Recueil factice de planches d’ornements et pendentifs

Manuscrits

Trois livres de l’embellissement et ornement du corps humain

Lyon, 1595

Publié pour la première fois en latin et en français à Paris en 1582, ce traité s’inscrit dans l’abondante production de littérature cosmétologique de la Renaissance. En général compilés à partir d’éditions vénitiennes, ce qu’indique également le portrait féminin ornant le frontispice, ces ouvrages peu coûteux proposaient de longues recettes détaillées pour les soins du corps et particulièrement du visage. Jean Liébault, médecin parisien et gendre de Charles Estienne (avec lequel il a collaboré pour son célèbre ouvrage L’Agriculture et Maison rustique), est également l’auteur de plusieurs ouvrages en latin et en français sur la vulgarisation d’éléments de médecine et de chimie. De fait, la plupart des auteurs et traducteurs de ces compilations « cosmétiques » appartenaient au milieu des libraires-imprimeurs tout en maîtrisant quelques notions de médecine : le plus célèbre de ces auteurs spécialisés est bien évidemment Nostradamus. Don de la Société des Amis du musée national de la Renaissance, 2017

Trois livres de l’embellissement et ornement du corps humain
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Trois livres de l’embellissement et ornement du corps humain

Céramique

Corbeille armoriée

Nevers, 1603

Exemple des premières faïences issues des ateliers de Nevers dans la première moitié du XVIIe siècle, cette corbeille ajourée et fleuronnée présente une couverte blanche à base d’étain, simplement ponctuée de quatre écussons d’armoiries. Dite a compendiario, cette production, comme son modèle italien développé en premier lieu à Faenza, se signale par la sobriété de son décor, très recherchée par les clientèles aisées de ce début de siècle. Les armoiries appartiennent à Jacques de Nouhes, baron de Sainte-Hermine (Vendée), et à son épouse Anne de Mornay, fille d’un proche d’Henri IV ; un décor qui laisse à penser que cette œuvre a été commandée suite à leur mariage célébré en 1603. Quelque peut être le lien entre la blancheur de la faïence et la foi réformée des commanditaires, ce type d’objets, au même titre que les terres vernissées de Saintonge au XVIe siècle, interrogent sur les liens entre les modèles d’orfèvrerie et leur déclinaison en céramique dite de demi-luxe.

Corbeille armoriée
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Corbeille armoriée

Instruments de mesure

Compas

Allemagne, 1611

Ce compas à pointes sèches présente une forme très difficile à dater : sa charnière avec une sphère à côtes et ses branches à facettes ont été employés depuis le xvie siècle (représentations figurées) jusqu’au début du xviiie siècle (Nicolas Bion, Traité de la construction et des principaux usages des instruments de mathématique, 1709 et compas du musée national de la Renaissance E.Cl. 14022, daté de 1693). La date de « 1611 », gravée sur l’une des branches, est donc particulièrement précieuse. L’autre branche montre un blason surmontant la lettre « C » qu’il n’a pas été possible de rattacher à une marque de fabricant ou de corporation et qui doit plutôt correspondre au propriétaire, non identifié. Les pointes en acier sont courantes sur ce type d’objet, même si celles de ce compas, de finition frustre, semblent correspondre à une modification ancienne. Le compas à pointe sèche était utilisé pour des tracés préparatoires, mais aussi pour des prises de mesures ou de reports de proportion.

Compas
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Compas

Dessin

Projet de restauration du retable de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Taverny

France, Octobre 1909

Le retable de l’église de Taverny (située à 8 km au nord-ouest de Montmorency dans le Val-d’Oise) a été édifié avec le soutien du roi Henri II et du connétable Anne de Montmorency, comme l’indiquent les symboles sculptés sur sa frise. Il a été restauré au début du xxe siècle par l’architecte Lucien Magne, grand connaisseur de l’architecture religieuse et du vitrail, mais aussi professeur d’histoire de l’architecture à l’école des Beaux-Arts de Paris de 1891 à 1916. Celui-ci a proposé la restauration du retable de Taverny comme sujet semestriel en octobre 1909. Il n’a pas été possible de déterminer lequel des 68 candidats à ce concours était l’auteur de l’esquisse offerte au musée national de la Renaissance. Celle-ci correspond à une phase intermédiaire d’élaboration du projet et non au dessin de présentation ; il s’agit de la seconde feuille en rapport avec ce sujet à intégrer les collections publiques après celle de Maurice Boille conservée au musée d’Orsay (ARO1982-124).   Don de Marie-Anne Sire, née Chevallier et Jean-Marc Chevallier

Projet de restauration du retable de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Taverny, octobre 1909
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Projet de restauration du retable de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Taverny