L’Italie
Le château d’Écouen permet d’évoquer l’art de la Renaissance italienne du XVe et XVIe siècles.
Les objets
Cassone
Tiberius Gracchus et Cornélie
Florence, vers 1465 - 1470
Les cassoni sont des coffres fonctionnant généralement par paire. Offerts à l’occasion de mariage, ils accompagnent la jeune mariée dans le cortège qui la mène de la maison de son père à celle de son époux. Ils prennent place dans la chambre nuptiale dont ils constituent le principal ameublement. Très richement décorés, ces meubles ne sont pas toujours parvenus intacts jusqu’à nous : ils ont souvent excité la convoitise des marchands d’art du XIXe siècle, qui les ont démantelés pour les vendre sous forme de panneaux. Leur décor se concentre sur la face avant et sur les côtés : l’iconographie, qui reflète le goût et l’éducation du commanditaire, se veut souvent un exemple moral pour le couple. On apprécie particulièrement les thèmes issus de l’histoire antique comme ici mais aussi de la mythologie gréco-romaine (L’Iliade et L’Odyssée d’Homère, L’Énéide de Virgile) ou encore des scènes de combat qui prolongent l’idéal courtois du Moyen Âge. Le décor évoque la Toscane de l’époque. La perspective est rendue avec science, le peintre Le Scheggia étant le frère du grand Masaccio. Ce panneau présente plusieurs épisodes de la vie de Tiberius Gracchus et de Cornélie, de leurs noces jusqu’au sacrifice de Tiberius pour protéger son épouse. Cornélie, qui choisit de ne jamais se remarier, incarne la figure de la veuve vertueuse entièrement dévouée à l’éducation de ses fils, les Gracques. Le musée national de la Renaissance présente un ensemble exceptionnel de panneaux issus de la prestigieuse collection du marquis Campana.
Peinture
La Cène
Milan, entre 1506 et 1509
L’oeuvre est une reprise directe de la peinture murale terminée en 1498 par Léonard de Vinci au réfectoire de Sainte-Marie-des-Grâces à Milan. Si elle en simplifie la perspective architecturale savamment calculée et la mise en lumière subtilement distribuée, on y retrouve cependant l’extraordinaire construction du premier plan, avec au-dessus de la longue table horizontale la répartition des apôtres en quatre groupes, de part et d’autre du Christ. Celui-ci, les bras écartés, la main droite ouverte au-dessus de la table selon le geste de La Vierge aux rochers, la main gauche paume retournée, incarne la structure pyramidale caractéristique des oeuvres de Léonard depuis L’Adoration des Mages de Florence et représente ici le pivot de l’ensemble de la composition. Chaque groupe d’apôtres propose une déclinaison de gestes, d’attitudes, d’émotions et de couleurs en fonction de l’annonce que vient de faire Jésus de la trahison perpétrée par l’un d’entre eux.