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Chanfrein
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Philippe Fuzeau

Les armures et accessoires du cheval

Découvrez notre collection d'armures et accessoires de cheval de la Renaissance tels que des pièces de parade et d'apparat, témoins de l'art équestre et militaire.

Les objets

Armure

Armure maximilienne

Allemagne ? Pays germaniques – vers 1515-1520

Cette armure typiquement germanique a probablement été fabriquée au début du XVIe siècle dans les ateliers de Nuremberg, qui en avaient fait l'une de leurs spécificités. Sa caractéristique principale réside dans le travail de cannelures ornant l'ensemble de sa surface. Cette mode semble venir de Milan qui à cette époque donne le ton en matière de robe et d’armure.  Ce style est souvent appelé « style Maximilien » car il a été introduit à l'époque de l'empereur Maximilien Ier (1459-1519). On retrouve d’ailleurs cet empereur représenté sur un thaler (pièce de monnaie) daté de 1519, revêtu de ce type d'armure.

Armure maximilienne
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / image GrandPalaisRmn
Armure maximilienne

Armure

Étriers de François Ier

vers 1515-1520, France

Les étriers, en bronze doré, sont ornés d’une salamandre sommée d’une couronne ouverte, la queue dessinant un nœud à double boucle ou cordelière, tout environnée de flammes. Au-dessous s’inscrivent sur deux phylactères les mots « NUTRISCO ESTINGO » (« J’entretiens le bon feu, je détruis le mauvais »). L’animal merveilleux, symbole d’invulnérabilité, tout comme l’inscription « F(ranciscus) rex », désignent la personne de François Ier. Une provenance aussi illustre n’a pas manqué d’exciter l’imagination des « antiquaires » du XIXe siècle. Les étriers passaient alors pour des épaves du butin de la bataille de Pavie (1525), au cours de laquelle François Ier avait été capturé par les troupes de Charles Quint avant d’être envoyé en détention en Espagne. Pour séduisante qu’elle fût, l’hypothèse n’a pas survécu à la critique historique : des recherches ont établi que les étriers étaient, sous l’Ancien Régime, conservés à l’abbaye de Saint-Denis. Leur présence ancienne dans la nécropole royale s’explique sans doute par le cérémonial des pompes funèbres des souverains, lors desquelles était confectionnée une effigie funéraire du monarque défunt accompagnée de son heaume, de ses gantelets et de ses éperons. Un « cheval d’honneur » entièrement vêtu de crêpe noir, mais sellé et harnaché, ouvrait le cortège funèbre. Sans doute fût-il équipé, lors des obsèques de 1547, des étriers à salamandres. Pour autant, du fait de leur richesse emblématique et de leur qualité plastique, les étriers relèvent d’une commande d’apparat qui semble incompatible avec le cérémonial funéraire. Plus vraisemblablement, ils se trouvaient dans l’armurerie royale lorsqu’on les emporta pour le temps de funérailles de François Ier.   

Étriers de François Ier
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle
Étriers de François Ier

Arme

Morion

Italie, 1570

Ce type de morion à haute crète et au riche décor était généralement utilisé par les gardes municipales ou princières dans la seconde moitié du XVIe siècle. La grande qualité d’exécution du décor semble indiquer que cet objet appartenait à un ensemble de parement de la garde d’un grand personnage. Conçu en une seule pièce, il est gravé au burin et doré d’une scène de chasse au sanglier sur la crète et d’arabesques enserrant des motifs maniéristes sur le reste de l’objet. L’hypothèse d’un travail de l’atelier de Diego de Çaias avancée dans les années 1970 n’a pas su convaincre certains spécialistes qui avance plutôt une fabrication milanaise de l’atelier Della Cesa.

Morion
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Morion

Armure

Rondache

Milan, 1560-1565

La scène mythologique au centre du bouclier s’inscrit dans un paysage caractérisé par un grand arbre au centre, des plantes, un ruisseau couvert d’un pont et une ville antique dans le fond. L’identification de la scène n’est pas assurée : il pourrait s’agir de Vénus et Adonis, au moment où la déesse se précipite pour constater la mort de son amant mortel ou bien d’un épisode de l’histoire de Pyrame et Thisbé. L’absence de la créature – un sanglier pour Adonis ou une lionne pour Pyrame - ayant causé   la mort ne permet pas de trancher.  En effet si les attributs du personnage masculin décédé (pieu et chiens de chasse) plaident en faveur d’Adonis, la rondache était à l’origine appareillée à un casque qui porte sur l’une de ses faces la mort de Thisbé.  Le casque correspondant est le morion pointu A 122 de la Wallace Collection de Londres qui présente les mêmes caractéristiques stylistiques, tant au niveau des personnages que de la composition : le modèle en est soigné, le pourtour des figures et des différents motifs soulignés pour les faire ressortir du fond. De plus il montre au bas du timbre et sur les ailes les mêmes bordures que celles figurant sur le bouclier.    

Rondache
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean
Rondache

Armure

Chanfrein

Allemagne (Nuremberg ou Augsbourg ?), vers 1550

Cette pièce est un élément d’armure équestre nommé le chanfrein, elle est destinée à protéger la tête du cheval. L’écu fixé sur le front permet d’identifier le propriétaire comme étant un noble de la famille des Hirnheim, installé dans la région de Souabe (sud-ouest de l’Allemagne) et qui appartenait à l’élite des officiers du Saint Empire romain germanique. Ces armoiries comme le décor à chevrons dans les bandes verticales permettent de rattacher ce chanfrein à une armure complète dont les différents éléments sont dispersés entre Londres, Turin et Brescia. Si la forme et le style sont caractéristiques du travail des armuriers allemands du milieu du XVIe siècle, les études n’ont pas permis d’identifier son créateur. Bien que le nom de l’atelier du nurembergeois Kunz Lochner ai été avancé, la recherche actuelle favorise plus une production d’un atelier d’Augsbourg.   

Chanfrein
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Philippe Fuzeau
Chanfrein