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Vue de salle
Vue de salle © Musée national de la Renaissance / C. Schryve

Le mobilier italien

Il est très inspiré par les formes antiques, comme le montrent les coffres en forme de sarcophages romains, mais aussi par l’architecture et certaines façades de meuble ressemblent à des maquettes de bâtiment. 

La surface est très ornée : sculpture rehaussée de dorure, ou incrustations de bois de couleur, de pierres dures, de nacre ou d’ivoire. 
 

Les objets

Meubles et panneaux

Cabinet Farnèse

Italie, vers 1578

Exécuté par un ébéniste français installé en Italie, Flaminio Boulanger, ce meuble a été commandé par l’une des personnalités les plus en vues de la cour des Papes à Rome : Alexandre Farnèse, dit « le grand cardinal », l’un des plus importants collectionneurs de la seconde moitié du XVIe siècle européen. Le cardinal entretenait à son service des artistes, comme l’architecte Giacomo della Porta, et des érudits, comme son bibliothécaire, Fulvio Orsini, qui ont participé à la conception du cabinet. Le meuble est un ouvrage unique en Europe. Il a été conçu spécialement pour abriter les médailles, statuettes et objets en pierres dures du cardinal, ainsi que sa collection de dessins. Il surpasse en dimensions tous les autres cabinets italiens connus et s’en distingue aussi par une plus grande simplicité dans le choix des matériaux : on n’y trouve ni marqueterie, ni incrustation de pierre dure. La partie haute ressemble à la maquette d’une grande façade romaine avec ses colonnes et ses ordres corinthien et composite superposés. Au centre, un grand arc forme un motif triomphal à l’antique qui met en valeur l’écu du commanditaire, orné des lys de la famille Farnèse que l’on retrouve aussi sur les frontons du cabinet.

Grand cabinet Farnèse
Grand cabinet Farnèse © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Cabinet Farnèse

Meubles et panneaux

Cabinet vénitien

Venise, vers 1550

Le cabinet vénitien est encore un exemple, et des plus somptueux, du compagnonnage très étroit qui se crée au XVIe siècle entre le mobilier et l'architecture. Sa composition évoque irrésistiblement Palladio et particulièrement son théâtre olympique de Vicence. D'autant que les innombrables arcatures bordées de balustrades encadrent des scènes peintes sur nacre, semblables à des petites fenêtres nous dévoilant la vie animée et colorée d'un monde inconnu. Ces façades en étages sont ponctuées de niches à fond bleu, ornées de statues en métal doré. Au centre, une sorte d'abside est surmontée d'une demi-coupole. Ce joyeux foisonnement recèle des dizaines de tiroirs miniatures, qu'on ouvre en tirant sur de petits anneaux fixés à des mufles de lions. Le tout est entièrement recouvert de plaquettes de nacre peintes d'arabesques d'or et de fleurs de couleur. Le cabinet, dépositaire des objets précieux, est lui-même devenu un bijou.

Le cabinet vénitien
Le cabinet vénitien © © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Cabinet vénitien

Meubles et panneaux

Cassone

Venise ou Rome, 2e moitié du XVIe siècle

Ce coffre (ou cassone en italien) est très caractéristique du mobilier inspiré par les formes antiques et par le maniérisme, un courant artistique qui s’est développé en Italie à partir de 1520.  Sa forme générale évoque un sarcophage antique, effet renforcé par le fait qu’il est orné de scènes en bas relief. La frise qui court sous le couvercle, avec ses armes, ses guirlandes de fruits et ses têtes entourées d’un tissu est également d’inspiration antique. Les deux scènes principales du coffre font allusion au mariage et au couple : à droite on reconnaît Neptune, dieu des Océans, et son épouse Amphitrite. A gauche, un couple pratique le cérémonial antique de l’union des mains droites, qui conclut le mariage, en présence d’un centaure, animal hybride à tête et torse d’homme, mais à corps de cheval. Les angles sont ornés d’autres figures hybrides, comme les sphinges (femmes avec des ailes à la place des bras), la tête à la barbe végétale au centre du piètement où le griffon que surmonte une figure féminine sur l’un des petits côtés. Ce goût pour les figures indéterminées qui mélangent, nature, monde animal et humain traduit une fascination pour la métamorphose et le monstrueux qui sont l’une des caractéristiques du maniérisme. Il se retrouve dans le lion ailé (mais sans pattes) au  centre du long côté, qui est sans doute le blason de la famille qui a commandé ce coffre et qui reste à identifier.

Cassone
Cassone © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Cassone