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Vue de salle
Vue de salle © Musée national de la Renaissance / C. Schryve

Le mobilier de la Première Renaissance française

Durant la première Renaissance (1480-1530 environ), trois meubles dominent : le coffre pour le rangement, le dressoir pour l’exposition des objets d’apparat et la chaire, siège à accoudoirs et haut dossier, pour la représentation. 

La structure des meubles reste gothique, mais le décor est marqué par le nouveau langage de la Renaissance.
 

Les objets

Meubles et panneaux

Dressoir dit « de Joinville »

France, 1524

Le dressoir est un meuble destiné au rangement et à l’exposition d’objets de luxe, en particulier de la vaisselle d’apparat (dans sa partie basse et sur des gradins en partie haute qui ont disparu ici). Il proviendrait de la ville de Joinville (en Champagne) où résidait l’une des plus importantes familles de la Renaissance, les Guises. Cependant, compte tenu de la qualité modeste de son décor, il est peu probable qu’il ait appartenu à cette famille.  Sa composition faite de bandes de moulures horizontales et verticales reliées entre elles par des disques est typique du Moyen Âge, mais son décor présente des éléments inspirés de l’Antiquité et de l’Italie de la Renaissance, en particulier les visages de profil inscrits dans des médaillons au sein d’enroulements végétaux qualifiés de rinceaux. Le dressoir de Joinville, qui a malheureusement perdu tous ses éléments de serrurerie, est aussi important car il montre un cas précoce d’incrustation de bois noir dans le chêne et de mise en valeur des motifs par une pâte blanche insérée dans les creux.  

Dressoir dit « de Joinville »,
Dressoir dit « de Joinville », © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Dressoir dit « de Joinville »

Meubles et panneaux

Grande clôture de la chapelle du château de Gaillon,

Normandie, 1506-1509

Le château de Gaillon, presque entièrement démoli à la Révolution, était situé en bordure de la vallée de la Seine et servait de résidence aux archevêques de Rouen. Sa reconstruction avait été décidée par Georges d’Amboise, titulaire de ce siège de 1495 à 1510, et il s’agissait de l’un des chantiers les plus importants des débuts de la Renaissance en France. La Grande clôture est un remontage d’éléments préservés à la Révolution. Elle se trouvait dans la chapelle haute de Gaillon, le lieu le plus prestigieux de l’édifice, réservé à l’archevêque, et elle servait à délimiter le chœur. La clôture se compose de trois niveaux : un opaque et deux ajourés. L’opposition entre les deux faces de la clôture est très perceptible en bas. D’un côté, on trouve des ornements gothiques appelés remplages qui étaient utilisés dans les fenêtres. De l’autre, les panneaux sont ornés de motifs végétaux très fins et géométriques, appelés rinceaux. Ils s’inspirent de formes antiques, qui ont été à nouveaux utilisées dès la fin du XVe siècle en Italie.

La grande clôture de Gaillon
La grande clôture de Gaillon © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda
Grande clôture de la chapelle du château de Gaillon,