Le décor peint
Le château d’Écouen conserve douze cheminées peintes et de nombreuses frises peintes, témoin de la diffusion en Île-de-France de l’esthétique bellifontaine.
Les objets
Décor intérieur
La chasse d'Esaü
France, vers 1550
Les deux cheminées de la chambre du connétable sont ornées de scènes de l'histoire de Jacob. D'une part, dans un paysage pittoresque, est montré Esaü à la chasse (Genèse, 27, 3-5), dont l'identité est garantie par le petit cartouche rectangulaire orné de La Bénédiction de Jacob (Genèse, 27, 6-29) ; d'autre part, Jacob gardant les troupeaux de Laban avec, dans le petit cartouche, une représentation de L'Échelle de Jacob. La figure de Jacob pourrait correspondre parfaitement à celle d'Anne de Montmorency : cadet et fils de cadet qui par un concours de circonstances favorables se trouva à la tête de son illustre famille. Après avoir occupé les plus hautes charges sous le règne de François Ier, il fut disgracié à partir de 1541 et, comme Jacob, mit à profit son éloignement pour accroître sa fortune terrienne. La réconciliation avec Esaü pourrait symboliser la faveur royale retrouvée sous Henri II, en 1547. Le médaillon central, aujourd’hui attribué à Charles Carmoy, peint comme un cadre ovale en trompe-l'œil fait la part belle au paysage ; il se détache sur le fond d'or imitant les mosaïques récurrent sur les douze cheminées du château et entre deux figures tenant chacune l'épée de connétable d'Anne de Montmorency et soulevant des rideaux ornés des alérions à son emblématique.
Décor intérieur
Saül dépeçant les bœufs
France, vers 1550
L'épisode de Saül dépeçant les bœufs devant les envoyés de Yabech en Galaad venus demander du secours est tiré de L'Ancien Testament (premier livre de Samuel 11, 1-8). Saül apparaît deux fois dans le décor d'Écouen. Une fois sur la cheminée de la salle des tapisseries d’Anet et ici, dans la chambre réservée au roi Henri II, qui se rendit deux fois à Écouen, en 1549 et 1553. On y voit Saül étreignant un bœuf d'une main et l'égorgeant de l'autre. Ce faisant, il dirige ses regards vers un guerrier casqué qui brandit, à droite, un glaive nu au-dessus de sa tête. Accompagné d'un groupe de soldats aux tenues chamarrées, campés à l'orée d'un bois, il semble faire partie d'une armée dont on perçoit les mouvements à l'arrière-plan, tandis que dans le lointain s'élève une ville fantastique adossée à des montagnes. Ce vigoureux dessin central est encadré par deux solides figures de Mars et Minerve, cuirassées d'azur, de rose et d'or, casquées, cimeterre et lance au poing, qui protègent le croissant d'Henri II tenu en gloire par des chérubins. La partie inférieure a été modifiée par l'insertion du chambranle en marbre sarrancolin offerte par le cardinal Farnèse en 1557.