Jacob de Backer est l’une des figures majeures du maniérisme anversois dans le dernier quart du XVIe siècle.
L’artiste se montre ici impressionné par l’art de la Renaissance italienne. Il semble s’inspirer de la gravure du Jugement de Pâris de Raphaël. Il en reprend les trois déesses, qu’il isole dans des panneaux indépendants. Son biographe rappelle justement l’existence d’un cycle de trois images de ce type. Le peintre innove dans l’allégorisation des divinités, qu’il plaque sur un discours moral, voire moralisateur.
Vénus brandit fièrement la flèche qu’elle a confisquée à l’Amour, vantant, malgré le charme affiché du corps dénudé, une certaine idée de la chasteté. Si le miroir tendu derrière elle invite à admirer sa beauté, le sablier qui le surmonte, et surtout le regard de la vieille femme, tourné vers le spectateur, rappelle le caractère bien éphémère des attraits physiques qui, à l’image des masques jonchant le sol, ne sont finalement que duperie et flagornerie.