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Pomme de senteur
Pomme de senteur © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Pomme de senteur
Pomme de senteur © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

A la Renaissance, le goût pour les parfums relève autant de l’agrément que de l’hygiène ; on attribue aux huiles essentielles, aux eaux florales et aux pâtes parfumés des valeurs d’assainissement de l’air permettant de lutter contre les maladies infectieuses et les diverses afflictions du corps. Ces parfums, aux odeurs très puissantes, ne sont pas portés directement à même la peau mais via des éléments de costume ou de parure, bracelets, colliers, chapelets ou boutons.

L’un des bijoux de senteurs les plus courants est la pomme d’ambre ou pomander, petite sphère ajourée contenant un morceau d’ambre, concrétion trouvée dans l’estomac de certains cachalots qui était importée à grand prix en Europe. La pomme de senteur d’Ecouen en constitue une variante. Elle adopte la forme d’une orange ou d’une grenade, qui se déploie en plusieurs quartiers en s’ouvrant. Chaque compartiment porte sur son couvercle le nom allemand de l’herbe ou de l’épice qu’il est destiné à contenir (« Canel », « Rosmarin », « Schlag », « Negelken », « Ruhen », « Citronen »), dont l’odeur peut être libérée en ouvrant des glissières ; deux d’entre-elles sont manquantes. Dans les traités médicaux du temps, chacune de ces senteurs est associée à une vertu spécifique : la cannelle est antihémorragique et ant-spasmodique, le romarin stimulant et digestif… L’intérieur de la pomme est doré, pour éviter l’oxydation liée aux pâtes parfumées qui y étaient placées à l’aide d’une petite spatule dissimulée dans la base dévissable. Une dizaine d’exemplaires du même type, comprenant quatre, six ou huit compartiments, sont encore conservés et s’échelonnent du XIVe siècle au début du XVIIe siècle.