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Cupidon
Cupidon © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Cupidon
Cupidon © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Ce pendentif en forme de Cupidon tirant une flèche, rehaussé de diamants et de rubis constitue un témoignage précieux des parures surchargées de pierres précieuses, à la symbolique étudiée, qui emplissaient les corbeilles de noces des jeunes mariées de haut rang. Les premières mentions de pendentifs en ronde-bosse représentant de petits amours archers font leur apparition dans les archives princières dans les dernières décennies du XVIe siècle. Leur mode atteint son apogée dans les années 1580-1610, ce qui n’empêche pas ce type de bijoux de continuer d’être portés au-delà, notamment en Europe centrale où ils conservent tout au long du XVIIe siècle une certaine faveur. 

Outre le cupidon d’Ecouen, neuf autres exemplaires proches conservés en musée et en collections particulières sont identifiés. Leur proximité stylistique laisse supposer que plusieurs d’entre-eux ont été fabriqués dans le même atelier, sans doute en Allemagne ou aux Pays-Bas. L’exemplaire d’Ecouen a subi plusieurs remaniements : l’arc (qui à l’origine devait être serti de pierres précieuses) date sans doute du XIXe siècle, de même que la perle suspendue au carquois, au montage grossier et dépourvu de décor émaillé, contrairement aux perles en pendant fixées aux chevilles. Enfin, le système d’accrochage ancien a disparu, remplacé au XIXe siècle par des éléments de style Renaissance : les chaînettes ornées de perles ont été refixées de façon erronée aux deux extrémités des ailes, orientant la flèche de Cupidon vers le haut, alors que le pendentif était à l’origine présenté à l’horizontale. On distingue encore dans la chevelure les traces de l’un des anneaux d’origine, l’autre extrémité de la chaînette étant probablement fixée à son pied.