L’iconographie des mains jointes en « foi » remonte au rituel nuptial de la Rome antique, où les conjoints se serraient la main droite pour sceller leur union (dextrarum junctio). Gravé sur des intailles ou des camées antique, la foi représente la conclusion d’un contrat entre deux partis, puis, par extension, le respect de la parole donnée. Ce symbole réapparait au XIIIe siècle et demeure populaire tout au long du Moyen âge en décor de bagues ou des broches, sans qu’il soit réellement possible de déterminer si elles ont été produites pour célébrer une amitié, des fiançailles ou un mariage. La même ambiguïté subsiste à la Renaissance, où ce symbole est largement utilisé dans les arts décoratifs et est arboré en bijou indifféremment par les femmes et par les hommes.
La bague émaillée du musée national de la Renaissance a été découverte dans la Seine en 1863, pendant les travaux menés par les Ponts et Chaussées pour canaliser l’un des bras du fleuve, aménager les berges et reconstruire plusieurs ponts. Quoiqu’endommagée par son séjour sous l’eau, on devine que les mains jointes étaient à l’origine entièrement émaillées de blanc et l’anneau rehaussé de noir opaque. Cette bague correspond à une typologie très répandue tout au long du XVIe siècle et jusque dans le premier tiers du XVIIe siècle, comme en témoignent les portraits, les nombreux exemplaires qui nous sont parvenus ou encore les modèles gravés (Pierre Woeiriot, Livre d’aneaux d’orfeverie, Lyon, 1561).