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Tazza : L’homme entre l’honneur et la vertu

Tazza : L’homme entre l’honneur et la vertu
Tazza : L’homme entre l’honneur et la vertu © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen)

Reprenant le type de coupe large à pied court inspiré de l’orfèvrerie généralement dénommé « tazza », l’objet est recouvert d’un décor émaillé en grisaille caractéristique du meilleur de la production limousine au milieu du XVIème siècle. Il porte en plusieurs emplacements le monogramme du célèbre émailleur Pierre Reymond.

La scène peinte à l’intérieur de la coupe représente un jeune homme barbu en habit de clerc, coiffé du bonnet de docteur, accompagné de deux allégories expliquées par le phylactère où est inscrit « Honneur me suit là où Vertu me guide ». Cette iconographie, de nature emblématique, évoque fortement le thème du choix de l’Homme entre le Vice et la Vertu (dit aussi « choix d’Hercule ») ainsi que le motto cicéronien virtuti fortuna comes, illustré par exemple sur le pavement du château de Polisy maintenant au musée de la Renaissance. Même si le modèle d’origine, dessiné ou gravé, n’en a pu être identifié, cette scène se rattache également à une composition dite de l’Homme entre la Loi et la Rédemption, que l’on retrouve sur un plat émaillé du musée d’Art et d’Histoire de Genève orné de la même héraldique que la coupe d’Écouen, celles des Bienassis, famille protestante de Poitiers dont un membre s’installe à Genève au milieu du XVIème siècle.
Cette œuvre constitue en conséquence un jalon majeur pour l’approche de l’émail de Limoges dans le contexte de la Réforme protestante en France.