Cet objet liturgique, destiné à recevoir l’hostie, est orné d’un magnifique décor d’iris, de pensées et de bleuets parmi lesquels se promènent escargots et sauterelles. Les émaux translucides vert et bleu laissent filtrer la lumière et lui permettent de se réfléchir sur le fond d’argent, ce qui confère aux couleurs un caractère presque iridescent. Les lacunes dues à l’extrême fragilité de ce type d’émail laissent apprécier la subtilité du traitement des fonds, gravés et ciselés pour transcrire au mieux les couleurs des différents pétales.
Ce type de décor floral naturaliste est particulièrement apprécié au milieu du XVIe siècle, avant que le concile de Trente ne vienne encourager les représentations plus édifiantes sur les objets de culte. La plaque centrale représentant l’Esprit Saint pourrait être un ré-emploi d’un objet plus ancien ; l’émail translucide rouge, d’une qualité particulièrement remarquable, fait dès la fin du Moyen âge la réputation des ateliers d’orfèvres parisiens, qui en gardent jalousement la recette.