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Les œuvres majeures

Du XVe au XVIIe siècles
Cuir peint

Marcus Curtius

Dans le cadre des travaux de façades de la cour d'honneur du château, la salle exposant cette oeuvre est actuellemen fermée au public.


Cette suite de panneaux de cuirs peints provient d’un appartement de l’hôtel d’Étancourt, situé rue du Gros-Horloge à Rouen. Elle constitue l’un des plus beaux exemples conservés en France de cuirs peints, une technique souvent employée pour décorer les murs des riches maisons bourgeoises dans la seconde moitié du XVIe et au XVIIe siècle. La fragilité de ce matériau explique toutefois que les tentures de cuir aient été mal conservées : la richesse décorative et l’intérêt iconographique de ce cycle ne font qu’en accroître l’importance.

Les personnages représentés sur cet ensemble sont directement inspirés de gravures exécutées par le peintre flamand Hendrick Goltzius, dont les nombreuses estampes ont une influence considérable sur l’ensemble de la production artistique de la fin du XVIe siècle. Les sujets, tirés d’une série consacrée aux héros de l’histoire romaine, devaient fournir au spectateur un exemple édifiant d’abnégation en même temps qu’ils devaient garantir la magnanimité et le courage de leur propriétaire. L’allégorie de Rome, au centre, est précédée par Titus Manlius, repoussant les Gaulois qui avaient surpris le Capitole, Horatius Coclès, défendant seul contre Porsenna le pont Sublicius avant de se jeter à l’eau, et Manlius Torquatus, battant en combat singulier un Gaulois géant. Elle est suivie de Mucius Scaevola, mettant sa main droite dans un brasier ardent sur l’ordre de Porsenna, de Marcus Calpurnius, sauvant l’armée romaine en détournant l’attention des Carthaginois sur sa petite troupe, puis de Marcus Curtius, se précipitant avec ses armes et son cheval dans un gouffre qui se ferme derrière lui.

Il est possible que trois autres pièces, figurant les derniers épisodes représentés dans le cycle de Goltzius, aient été perdues.

L’utilisation de modèles nordiques est un indice supplémentaire pour considérer cet ensemble comme une production originaire d’Amsterdam, concurrençant les cuirs dorés exécutés en grande quantité en Espagne. La provenance de cette pièce prestigieuse confirme également la place fondamentale de Rouen dans la Renaissance française, au confluent des influences italiennes et flamandes.

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