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Jupiter au Foudre
Jupiter au Foudre © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Jupiter au Foudre
Jupiter au Foudre © GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Le sculpteur Alessandro Vittoria a animé le plus important et le plus prolifique atelier de sculpture de Venise à la fin du xvie siècle, produisant aussi bien de grandes statues en marbre ou en bronze que des exemplaires plus petits. Il a signé son œuvre sur la base de la sculpture avec les initiales A.V.F. (pour Alessandro Vittoria fecit). Jupiter, le roi des Dieux, est représenté nu, tenant dans sa main gauche un faisceau de flammes qui représente la foudre. 

L’œuvre est caractéristique du maniérisme qui altère la réalité des corps pour en tirer des effets expressifs et esthétiques. La musculature est très puissante et exagérée, en particulier au niveau du dos, dans la suite des recherches de Michel Ange à qui ses détracteurs reprochaient ses anatomies noueuses « en sac de noix ». Le sculpteur a travaillé son œuvre selon le principe des huit points de vue principaux (vues de face, de dos et sur les deux profils auxquels s’ajoutent les quatre vues diagonales). La torsion du corps s’explique en partie par ce principe qui cherche à présenter un centre d’intérêt sur chacun de ces huit points de vue. L’œuvre présente aussi un important contrapposto, ou hanchement qui reprend un grand principe de la sculpture antique : le corps immobile au repos est en appui instable sur un seul pied qui appelle un mouvement à venir. 

La fonction de l’œuvre est mystérieuse : la petite base de la statue est instable et elle d’ailleurs percée pour être fixée sur un socle plus important. S’agissait-il d’une œuvre autonome pour un cabinet d’amateur ou bien d’un élément d’un ensemble décoratif plus vaste ?