Bassin et aiguière font partie des objets les plus fréquemment représentés sur les dressoirs ou les buffets d’orfèvrerie à plusieurs niveaux et parfois larges de plusieurs mètres qui étaient dressés à l’occasion des fêtes princières.
La forme de cette aiguière est caractéristique des modèles à l’antique, mis à l’honneur à Rome dès les années 1530-1540 par les graveurs Agostino Veneziano et Enea Vico. Ici, l’orfèvre voulu donner à l’aiguière une forme « archéologique » en exagérant la forme de la panse à la manière d’un vase balustre et en donnant au bec la cassure caractéristique d’un objet trouvé en fouilles.
Le décor combine quant à lui plusieurs sources d’influence. Masques féminins et grotesques sont issus du répertoire maniériste international, mais sont associés à des motifs plus proprement caractéristiques de l’orfèvrerie d’Augsbourg et Nuremberg au tournant des années 1600 : bouquets de fruits, fleurs et oiseaux sont ciselés sur toutes les surfaces de l’aiguière et du bassin.