Ferronnerie
Les objets
Arts du métal
Coffret
Allemagne, dernier quart du XVIe siècle
Ce coffret en fer richement orné est doté d’une serrure à secret, dissimulée derrière une des appliques dorées ; il était destiné à conserver les objets personnels les plus précieux de son propriétaire, papiers et bijoux, eux-mêmes rangés dans de petits étuis en cuir ou en tissu. Il est entièrement gravé de mauresques à l’eau-forte sur toutes ses faces, dont les fonds ont été noircis pour accentuer l’effet de contraste. Les frises de bordures, éléments d’appliques en forme de feuilles stylisées, poignée et pieds sont dorés. La mauresque (ou moresque) dérive de motifs ornementaux ottomans et perses de la fin du Moyen âge, dont des exemples arrivent en Italie via Venise à la fin du XVe siècle. Ce décor de rinceaux hautement stylisés répétés dans un arrangement symétrique et parfois assortis d’entrelacs se diffuse ensuite rapidement au reste de l’Europe par le biais de multiples recueils gravés sur bois et sur cuivre proposant des variantes de compositions. En Allemagne, l’un des graveurs les plus prolifiques en la matière est Virgil Solis (1514-1562), à la tête d’un important atelier qui lui permet de produire un nombre conséquent de planches de sa propre invention destinées aux arts décoratifs. Par sa forme et son décor, ce coffret correspond à la production des ateliers d’Allemagne du Sud, en particulier Nuremberg qui s’était spécialisé dans la fabrication d’objets de ce type.
Arts du métal
Miroir à main
Italie du Nord, début du XVIe siècle
Ce petit miroir à main en fer découpé dans une plaque de fer se compose d’un panneau quadrangulaire dont la face antérieure a été évidée pour la garnir d’une fine feuille d’argent polie réfléchissante. Le reste des surfaces sont ornées selon la technique de la damasquinure d’or et d’argent, consistant à graver le métal pour y incruster des fils ou des feuilles de métal précieux qui dessinent ici des motifs végétaux ainsi que la figure de l’Amour qui orne le revers. Entouré de rinceaux de vigne, il porte arc et carquois et décoche sa flèche les yeux bandés, juché sur un œil ouvert. L’inscription latine DVGITVR EX OCVLI LUMINE CECVS AMOR (L'amour aveugle est conduit par la lumière de l'œil) en fait un emblème amoureux. Connus dès l’époque romaine, les miroirs en verre, fragiles et de petite taille, coexistent jusqu’à la Renaissance avec les miroirs en bronze ou en argent poli. Conçu pour tenir au creux de la main, notre exemplaire pouvait aussi être posé sur la table de toilette comme un objet de décor, comme en témoigne la richesse du décor de son revers.