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Quelques acquisitions réalisées par le musée national de la Renaissance

Les objets

Tapisserie

Le tournoi – Tenture des Valois

Bruxelles, fin XVIe - début XVIIe siècle

Jusqu’à une date récente, on pensait que La Tenture des Valois était un unicum. Manifestement, ce fragment de tapisserie en apporte la preuve inverse. Les tapisseries des Valois ont connu une certaine fortune, elles ont été retissées, une première fois dans une version présentant quelques variantes, si l’on en juge par ce vestige d’une tapisserie plus vaste à l’origine, d’une texture un peu moins fine et sans fils d’or. L’arrière-plan de celle-ci est une reprise fidèle de la partie gauche de la tapisserie du Tournoi. Les figures du premier plan ont toutefois été modifiées pour être adaptées au sujet du nouveau tissage. Si l’on retrouve la figure d'Henri de Navarre, debout de profil sur la gauche, et l’homme non identifié derrière lui, ce sont deux jeunes femmes vêtues de somptueux costumes de cour qui les accompagnent en ayant pris la place de Catherine de Médicis et de sa fille Marguerite de Valois. La reconnaissance de ces femmes permettrait de déterminer la relation qu’elles entretenaient avec Henri de Valois et de préciser la thématique de cette deuxième édition.   Don de la Société des Amis du Musée National de la Renaissance  

Le tournoi_Tenture des Valois
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Le tournoi – Tenture des Valois

Manuscrits

La Géomance du seigneur Christofe de Cattan, gentilhomme genevois [...]

Paris, 1570

En 1558 parait en France la traduction de la Géomance, manuscrit du Génois Cristoforo Cattaneo qui y synthétise plusieurs traités arabes, hébreux et italiens. La géomance est un type de divination consistant à « lire » dans les motifs aléatoires créés par la terre, la poussière ou les pierres. Dans cet ouvrage, l’auteur s’intéresse aussi à l’astrologie et la divination, en s’intéressant à la carte du ciel et aux formes des constellations. Notre exemplaire, publié en 1577, témoigne de la popularité de cette thématique et du succès de l’ouvrage, réédité plusieurs fois, au sein des cercles érudits. Relié au XVIIe ou au début du XVIIIe siècle, il porte l’ex-libris d’un chanoine de Rouen ; il a conservé l’ensemble de son illustration particulièrement au folio 143 verso, la roue de fortune dite de Pythagore ainsi que son frontispice gravé dans l’esprit de l’école de Fontainebleau.   Don de la Société des Amis du Musée National de la Renaissance

La Géomance du seigneur Cristofe de Cattan
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
La Géomance du seigneur Christofe de Cattan, gentilhomme genevois [...]

Manuscrits

Histoire de l’Abbaye royale de Saint-Denis en France [...]

Paris, 1706

L’entrée de cet ouvrage dans les collections du musée national de la Renaissance permettra d’évoquer, à l’occasion d’expositions temporaires, les sépultures royales de la Renaissance mises en place dans l’Abbaye de Saint-Denis, illustrées par des gravures, ainsi que l’exceptionnel trésor de l’Abbaye. Très souvent reproduites et étudiées, les planches illustrant ce trésor contiennent non seulement des objets médiévaux mais également des œuvres de la Renaissance. Don de Monsieur André Fétrot

Histoire de l'abbaye de Saint-Denis
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Histoire de l’Abbaye royale de Saint-Denis en France [...]

Manuscrits

Tetrastiques faits sur les devises du Seigneur Paulo Jovio et de Messire Gabriel Siméon [...]

Lyon, 1585

Retirage de l’édition publiée par le même éditeur en 1560, l’ouvrage possède la particularité d’être explicitement destiné à « servir en verrières, châssis, galeries et tableaux, ainsi qu’il plaira au lecteur de les accomoder ». Il propose ainsi un certain nombre d’emblèmes moraux à portée générale, ainsi que les devises et emblèmes de grands personnages d’Europe tels qu’Henri II, Diane de Poitiers etc. Ils sont plusieurs fois publiés, comme des modèles destinés à la décoration des demeures, notamment pour le vitrail civil. L’on y retrouve le même usage et le même succès que pour L’Amour de Cupidon et de Psyché ou L’Histoire de la Toison d’or (publiée en 1563). Don de la Société des Amis du Musée National de la Renaissance

Tetrastiques faits sur les devises du Seigneur Paulo Jovio et de Messire Gabriel Siméon [...]
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Tetrastiques faits sur les devises du Seigneur Paulo Jovio et de Messire Gabriel Siméon [...]

Céramique

Chevrette aux armes des Silly

Beauvais, Seconde moitié du XVIe siècle (avant 1595)

Cette chevrette, qui adopte la forme classique de ce type de pot de pharmacie à bec verseur destiné à contenir des liquides, illustre l’une des nombreuses productions céramiques des ateliers du Beauvaisis au XVIe siècle : des terres cuites revêtues d’une glaçure à effet marbré cherchant à évoquer la pierre dure. Il s’agit d’une des rares pièces de ces ateliers qui puisse être rattachée à un commanditaire ou un destinataire et qui, à l’image du plat aux armes de l’évêque Louis Villiers de l’Isle-Adam (musée du Louvre), permet d’évoquer la production de céramique de demi-luxe en Beauvaisis. L’écusson d’armoiries, relief d’applique, appartient à un membre la famille des Silly de La Roche-Guyon, originaire de l’Eure : Louis de Silly, mort en 1557, Henri ou Antoine de Silly, ses fils, décédés respectivement en 1589 et 1609. Ce dernier devenant chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit en 1595 et l’écu n’étant pas ceint du collier de l’Ordre, cette date constitue un terminus ante quem. Cette datation est confortée par la découverte d’une chevrette de forme similaire dans les fouilles du Carrousel dans une fosse-dépotoir datée du troisième quart du XVIe siècle environ. Une pièce similaire au musée de Sèvres, ornée d’un médaillon en lien avec l’iconographie du « Pressoir mystique », complète ce corpus.  Don de Monsieur Jacques Polain

Chevrette aux armes des Silly
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Chevrette aux armes des Silly

Emaux peints

Plaque émaillée : la réception de sainte Claire par saint François d’Assise

Limoges, vers 1540

L’émailleur anonyme a représenté l’épisode du dimanche des Rameaux en 1212 où sainte Claire se présente à la Portioncule de saint François à Assise. Si le décor urbain est rapidement esquissé, les personnages sont distribués de manière structurée : en haut à gauche la famille de Claire, dont son père Favarone, devant la porte d’Assise ; au centre Claire agenouillée, portant des vêtements identiques à ceux de sa famille mais déjà nimbée et surmontée de l’arbre en fleurs qui évoque à la fois la fête des rameaux et sa conversion ; à droite saint François accompagné de frère Elie, un Christ en séraphin flottant au-dessus d'eux, écho de la stigmatisation. Une inscription à la dorure partiellement effacée, inscrite dans un phylactère, explique la scène : « Couman ele leysa tous ses amys et s’en alla // à l’église de Nostre Dame des Anges et fut // reçue de sans François et ce compenion // en grande reverence ». Cette inscription laisse à penser que cette plaque prenait place au sein d’un retable comprenant plusieurs scènes de la vie de sainte Claire, plus probablement destiné à un couvent de clarisses (il n’y en avait pas à Limoges) qu’à une personne particulière. L’histoire de sainte Claire n’est guère habituelle dans l’émail de Limoges qui la représente plutôt en abbesse au milieu des saints franciscains. Don de Monsieur Jacques Polain

Plaque émaillée : la  réception de sainte Claire par saint François d’Assise
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
Plaque émaillée : la réception de sainte Claire par saint François d’Assise

Livre imprimé

La joyeuse et magnifique entrée de monseigneur François de France

Anvers, 1582

Pressenti pour devenir duc de Brabant à la place de Philippe II d’Espagne, François, duc d’Anjou et frère du roi de France Henri III, entre dans la ville d’Anvers le 19 février 1582. Ce livret commémore les diverses célébrations organisées pour le prince au cours de son voyage en Zélande et dans la ville elle-même. Vredeman de Vries semble avoir conçu le programme allégorique de la Joyeuse entrée, rythmée par vingt et une architectures éphémères d’arcs de triomphe et de théâtres dont les gravures du livret se font l’écho. L’ensemble célèbre à la fois la gloire du prince français et la puissance maritime, commerciale et politique de la ville d’Anvers. Acquisition (Librairie ancienne Laurencier)

La joyeuse et magnifique entrée  de monseigneur François de France
© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau
La joyeuse et magnifique entrée de monseigneur François de France