x_Affiche Colloque Animal et Portrait
Colloque

Colloque "Animal et portrait à la Renaissance"

En partenariat avec le musée de la Chasse
Mardi 17 mai 2022
Musée national de la Renaissance - Château d'Ecouen

 

PROGRAMME DU COLLOQUE

17 Mai - Journée à Ecouen (2e jour)

 

x_Affiche Colloque Animal et Portrait

 

9h45 ↦ accueil

Thierry crépin-leblond (directeur du musée national de la renaissance),
Aurélie gerbier (conservatrice au musée national de la renaissance),
Matteo gianeselli (conservateur au musée national de la renaissance)

 

3 | Doubles portraits :
Se ressembler, se distinguer
Président de séance :Thierry Crépin-Leblond (directeur du musée national de la Renaissance)

10h15 ➳ 10h45

Gingrich victoria (doctorante, american university, washington)

Holbein’s Portrait of a Nobleman with a Hawk (1542)

Il est instructif d’envisager le Portrait d’un noble avec un faucon à l’aune du contexte socio-historique dans lequel Hans Holbein l’a peint en 1542 et de l’identité de son destinataire. La prise en compte de l’oiseau de proie et d’autres détails de la représentation engagent à réfléchir sur la notion de masculinité. Celle qui est donnée à voir par et dans la peinture, mais également celle qui a cours dans l’Angleterre du xvie siècle, en lien avec les pratiques et la littérature cynégétiques propres aux cercles des aristocrates anglais. Mais la question de l’amour et celle de la preuve d’amour s’invitent aussi à l’analyse.
La petite taille de l’oeuvre comme la symbolique traditionnellement attachée au faucon dans le contexte de l’iconographie de la chasse amoureuse semblent venir alimenter la thèse d’un portrait «d’amour» pour une seule femme.

10h45 ➳ 11h15

O’bryan robin (chercheure indépendante, pennsylvanie)

Beastly Dwarfs and kindred Creatures in medicean Portraits

Les peintures et les sculptures produites pour les Médicis au xvie siècle font écho à la mode des nains et des ménageries princières, qui furent autant de puissants symboles de leur domination. Animaux et nains sont représentés avec une grande précision anatomique, la nudité ou semi-nudité de ces derniers les assignant résolument à la part bestiale de la Nature. L’absence de vêtements laisse entrevoir leurs tendances animales implicites, auxquelles concourent aussi les créatures qui les accompagnent dans certaines sculptures, qui apparaissent comme des extensions de leurs propres corps.
Images troublantes de chair nue mêlée à une carapace, des plumes ou des écailles... Ces associations visuelles de nains et d’animaux véhiculent des concepts iconographiques sophistiqués, qui doivent être mis en parallèle avec les termes brutaux qu’emploient les écrivains contemporains dans leurs descriptions d’humains de petite taille ainsi que dans leurs analogies. Il convient de décrypter de telles productions artistiques et littéraires – emblématiques d’une certaine tradition européenne associant les nains au règne animal, à la faveur de leurs prétendues qualités bestiales – dans toute leur complexité et leur historicité.

11h15 ➳ 11h45 ↦ discussion & pause

11h45 ➳ 12h15

Pluchon-riera chloé (doctorante, université de grenoble)

L’animalité de l’enfance.
Portraits d’enfants et d’animaux en Italie au xvie siècle

Si la présence, de plus en plus nombreuse au cours de la Renaissance, d’animaux dans les portraits d’hommes et de femmes adultes n’est plus à démontrer, il est plus étonnant de constater la fréquence avec laquelle, à partir de la seconde moitié du xve siècle, les artistes italiens associent le motif de l’infans à la figure animale au sein du portrait. Qu’il s’agisse du Christ et de l’Agneau, d’un enfant de noble famille avec son petit chien de compagnie ou d’un bambin anonyme tenant une corbeille de volailles, enfants et animaux forment un duo quasi fusionnel. Cette étonnante proximité physique des deux êtres vient remettre en question la séparation claire et rassurante entre l’homme et la bête établie par la pensée humaniste. En effet, nombreux sont les peintres qui insistent sur les similarités – qu’elles soient physiques ou morales, positives ou négatives – de l’enfant et de l’animal, mettant ainsi en exergue la frontière poreuse qui les sépare et la supposée supériorité de l’être humain sur les autres espèces vivantes. En brouillant ainsi la frontière entre humanité et animalité, de tels portraits retranscrivent la place difficile qui est celle de l’enfant dans la société italienne de la Renaissance, coincé entre sa nature primaire animale et sa future nature d’homme civilisé.

12h15 ➳ 12h45 ↦ discussion


12h45 ➳ 14h30 ↦ pause déjeuner

4 | Métamorphoses et Mirabilia


Président de séance : Matteo Gianeselli (conservateur au musée national de la Renaissance)

14h30 ➳ 15h00

Cockram sarah (chercheure associée, université d’edimbourg – king’s college london)

Skin to Skin with exotic Animals in Renaissance Portraits

Nombre de portraits de la Renaissance associent puissants personnages et animaux puissants. Des bêtes hors du commun qui permettent de signifier l’expansion des horizons de leurs propriétaires, leur capacité
à posséder l’inhabituel en même temps que l’accomplissement du commandement biblique fait aux hommes de dominer l’ensemble des créatures (Genèse, 1 : 26). Les animaux féroces semblent ainsi avoir été apprivoisés par leur seul maître, en reconnaissance de son autorité légitime – sur son animal, sa maison, son État et au-delà. Le portrait anonyme de don Juan d’Autriche, fils illégitime de Charles Quint, (vers 1575, Madrid, musée du Prado) et celui du comte de Haag, Ladislaus von Fraunberg, par Hans Mielich (1557, collections princières du Liechtenstein) mettent en scène un chat exotique et une même virilité magnifique.

Ces deux animaux sont représentatifs de faits historiques : le lion capturé par don Juan lors de la prise de Tunis, qu’il nomma Austria (Autriche), et le léopard que le comte Ladislas reçut en Italie. Des animaux vivants, au-delà des symboles : Austria aurait dormi dans les chambres de don Juan, et le léopard aurait suivi Ladislas comme un chien… Les portraits de cour de la Renaissance associant des aristocrates à des animaux de compagnie rares sont révélateurs des idéaux contemporains et de la représentation du pouvoir. Mais ils évoquent aussi les liens qui ont attaché ces hommes et ces bêtes dans la réalité, avec toute une dimension sensible et intime.

15h30 ➳ 16h00

Gallian nastasia (maîtresse de conférences, Sorbonne Université)

Portraits de monstres, portraits d’une époque : animaux difformes, rares et merveilleux dans les chroniques de Johann Jakob Wick (1560-1588)

En 1560, Johann Jakob Wick, archidiacre de la cathédrale de Zurich, entreprit de chroniquer son époque. Troublé par une série d’événements prodigieux et préoccupé par les conflits qui ravageaient l’Europe, il se mit à collecter les textes imprimés, les témoignages oraux et les estampes documentant les dérèglements de son temps et les signes avant-coureurs du Jugement dernier. Les monstres occupent une place prépondérante dans les vingt-quatre volumes de sources que Wick a rassemblées et qui se trouvent aujourd’hui à la Zentralbibliothek de Zurich. Nous nous proposons d’analyser les dispositifs herméneutiques déployés par l’auteur pour étudier ce bestiaire
constitué d’animaux rares, difformes et hybrides. Les Flugblätter qu’il a accumulés constituent en effet seulement une première étape dans sa démarche, qui s’enrichit ensuite de dessins, d’imprimés et de commentaires manuscrits visant à définir les caractéristiques physiologiques de ces animaux. Wick s’intéresse aussi aux modalités de l’interaction entre les monstres et les personnes. Ce faisant, il chemine jusqu’à une interprétation de ces rencontres et élucide leur signification. À l’examen, Wick fait de ces monstres animaux des avatars de monstres humains et il les envisage comme des manifestations de la déchéance morale de ses contemporains.

16h00 ➳ 16h30

Dejean matthieu (ingénieur urbaniste indépendant, Arts et jardins)

Portraits de verdure : les stades intermédiaires du végétal à l’homme et l’animal

Toute une variété de portraits de verdure habite les jardins du xvie siècle, notamment à Florence, à Hampton Court, à Pau et dans le domaine de Chanteloup, où ils participent d’une mise en scène – plinienne, biblique ou mythologique selon les cas. Si une telle tradition trouve son origine dans l’héraldique et illustre parfois des principes moraux proches des emblèmes, les végétaux et les techniques utilisés s’inscrivent par ailleurs dans une recherche naturaliste. Émanation de la compréhension botanique et zoologique du monde de la Renaissance, l’art des topiaires procède d’une conception stratifiée de la nature qui inclut des stades intermédiaires variés, du végétal à l’animal, et du végétal à l’homme. Prisme d’interrogation de la perception que l’homme de la première modernité a de l’animal, les topiaires renvoient enn effet aux traités de botanique et de zoologie qui présentent des espèces intermédiaires entre le végétal, l’animal et l’homme, peuples des marges du monde connu. Ces zoophytes ne sont pas des êtres imaginaires mais des animaux hors du commun rencontrés par les explorateurs, à l’image des exemplaires conservés dans le cabinet de curiosité des Tradescant. Ils s’incarnent transitoirement
dans les topiaires, et de manière pérenne dans les termes fantaisistes qui peuplent les façades et les livres d’ornemanistes.

17h00 ↦ discussion et fin colloque

 

Programmation complète :

 

Tout public
Panneau aux armes d'Anne de Montmorency
Conférence
Le décor héraldique dans la France de la Renaissance
Vendredi 7 octobre 2022 à 20h00
Vue du château
Passage aux horaires d'hiver

A partir du 1er octobre