Nef automate dite "de Charles Quint"
La nef du musée national de la Renaissance est l’un des automates de table les plus élaborés qui nous soient parvenus. C’est un galion à trois mâts, armé de canons dont l’un se cache dans la figure de proue en forme de dragon. Sa vaste coque en laiton doré est ciselée d’ornements et, sous la ligne de flottaison, de monstres marins émergeant des flots. Sur le pont, l’empereur Charles Quint trône sous un baldaquin, devant lui défilent trois hérauts suivis par le cortège huit princes électeurs reconnaissables à leur bonnet d’hermine ; dix trompettes, un tambour et un timbalier forment une haie ; des marins postés sur les hunes et le pont observent la fanfare. La coque du navire ne dissimule pas moins de sept mouvements qui commandent le cadran au pied du grand mât, déclenchent la sonnerie des heures et des quarts et animent les bras des marins situés sur le mât. Des mécanismes musicaux actionnent les trompettistes et le timbalier, provoquant la rotation de la plateforme des électeurs, le salut de chacun d’eux devant l’empereur et le mouvement du bras de celui-ci.
Les empereurs allemands ont accueilli et soutenu une pléiade de savants, mathématiciens et astronomes dont les découvertes donnaient lieu à la fabrication de prototypes destinés à leurs collections de scientifica. En marge de ces travaux est développé le goût pour de savants automates dont la ville d'Augsbourg se fit la spécialiste grâce aux talents réunis de ses horlogers et de ses orfèvres. La nef d’Ecouen est l’œuvre du maître horloger Hans Schlottheim, établi dans la ville d’Augsbourg à partir des années 1570. Remarqué par l’Empereur Rodolphe II, Schlottheim s’établit à son service à Prague entre 1586 et 1589. On le retrouve ensuite à Dresde, en 1589 et 1593, auprès du prince-électeur de Saxe Christian Ier. Schlottheim est l’auteur d’au moins trois nefs automates : outre celle d’Ecouen, une nef est conservée dans les collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne et une autre au British Museum de Londres. Toutes trois peuvent être rattachées à des collections prestigieuses : celle de Vienne a probablement été commandée par Rodolphe II et les deux nefs d’Ecouen et de Londres sont identifiées dans l’inventaire de la Kunstkammer de Dresde, dressé en 1587.
Nef de Charles Quint par musee-renaissance
Artistes
Hans Schlottheim
Origine et date
Augsbourg, vers 1580