o_Cheminée Santa Casa
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Restauration de la cheminée de la Santa Casa

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Grande salle de la Reine

 

 
La cheminée de la Santa Casa, œuvre importante du musée provenant d’une maison de Rouen et remontée dans la grande salle de la reine, subit actuellement une restauration fondamentale.
 
Pour cette raison, cette cheminée a été déposée pierre par pierre durant le mois de juin 2022 par une équipe de restaurateurs supervisée par Anthony Quatreveau.
 
 

 

Histoire de la cheminée de la santa casa
 

Une cheminée qui voyage...

Dans la grande salle du château d’Ecouen se trouve une cheminée qui semble faire partie de l’architecture du monument. Les observateurs attentifs peuvent cependant remarquer qu’elle ne monte pas jusqu’au plafond et qu’elle n’est donc pas vraiment utilisable !

En réa lité, cette cheminée fait partie des collections du musée et elle a connu une longue histoire. A l’origine, elle a été créée pour une maison du quartier des chanoines de la cathédrale de Rouen, durant le deuxième quart du xvie siècle. Elle constituait le centre d’une grande pièce qui était orné d’un beau plafond à caissons en bois. Ailleurs dans la maison, on trouvait deux belles portes en bois et une grille en fer forgé. La cheminée est célèbre. Dès 1825, elle a les honneurs d’une grande publication sur les monuments anciens de la France, Les Voyages pittoresques de Taylor et Nodier.

Mais à partir de 1870, sa propriétaire veut la vendre. Edmond du Sommerard, le conservateur du musée de Cluny s’en porte acquéreur. La cheminée est alors démontée pierre par pierre en juillet 1880, puis transportée à Paris par le train. Elle orne une nouvelle salle qui ouvre ses portes en 1883 et où elle reste jusqu’en 1950. Un nouveau projet de présentation est alors élaboré pour le musée de Cluny où la cheminée n’a plus sa place : elle donc de nouveau démontée et part cette fois en réserve, où elle reste pendant un quart de siècle, avant de gagner le château d’Ecouen, lieu où doit ouvrir un musée consacré à la Renaissance.

Le remontage est long et difficile car la pierre de la cheminée est fragilisée par de nombreuses pertes dans les blocs et ce n’est qu’en 1988 que le public peut à nouveau la redécouvrir. Mais très vite apparaît les signes d’une forme de maladie des pierres qui constituent la cheminée : leur surface part lentement en poussière, la fine sculpture qui forme le décor devient peu à peu informe et menace de disparaître. Aujourd’hui un nouveau démontage est donc nécessaire si l’on veut que les générations futures puissent continuer à la contempler !

Espérons que ce nouveau démontage sera le dernier avant longtemps car c’est la troisième fois qu’on entreprend de bouger cette cheminée en pierre.

S’il peut nous paraître surprenant de faire ainsi voyager une cheminée, le cas n’est pas rare : le musée national de la Renaissance abrite ainsi trois autres cheminées voyageuses, provenant cette fois de Champagne.

 

Une cheminée sur une maison qui voyage...

La cheminée du musée national de la Renaissance illustre l’histoire d’une maison qui voyage, celle de la Vierge Marie. Cette légende est liée à un sanctuaire qui devient à la Renaissance l’un des principaux lieux de pèlerinage en Europe, Notre-Dame de Lorette en Italie.

Au centre de l’église de cette petite ville d’Italie du Nord, on trouve une modeste construction en brique, qui était probablement la chapelle d’origine où on vénérait la Vierge. Pour justifier de sa conservation, une légende se crée à partir du XVe siècle et cette chapelle est alors identifiée avec la maison où la Vierge serait née, où aurait eu lieu l’Annonciation, où le Christ aurait passé son enfance et où saint Luc aurait peint la mère de Dieu.

La cheminée raconte en image l’histoire de cette « Santa Casa ». Toute l’histoire apparaît sous la forme d’une vision à un ermite de la région de Lorette qui est agenouillé en bas à gauche de la première scène. Il voit la maison de la Vierge portée au dessus des mers par quatre anges : ce « transfert angélique » s’explique par la perte de la Terre Sainte par les croisés en 1291. La maison ne veut pas rester en terre infidèle.
Après avoir séjourné en Croatie, la maison se déplace à nouveau et s’installe dans un bois appartenant à une dame Laurette (d’où le nom du sanctuaire, Lorette). Mais les pèlerins qui viennent la visiter sont victime de brigands dont on voit les exactions au premier plan. La maison doit donc repartir.
Elle arrive alors sur le mont des Deux Frères. Propriétaires du lieu, ceux-ci se disputent le produit des cierges et des objets vendus au pèlerins et ils finissent par s’entretuer. On voit leurs deux corps en bas de la scène sculptée.

Enfin, après un dernier déplacement, la maison trouve son nouvel emplacement et elle peut être adorée sereinement par des pèlerins à genoux devant elle.
Dans toutes ces scènes, la maison adopte la forme d’une petite chapelle avec un clocher mur ; la Vierge, tenant le Christ dans ses bras, figure tantôt sur le toit, tantôt à l’intérieur du bâtiment.

 

Une maladie de la pierre...

La pierre peut nous paraître un matériau inerte, solide et presque éternel. En réalité, il existe dans les calcaires des éléments plus ou moins solubles qui se déplacent à l’intérieur de la pierre en fonction de la température et de l’humidité. Dans certaines conditions, ces « sels solubles » migrent vers la surface du bloc où ils cristallisent. Ils entraînent la chute de la surface et à terme la désagrégation du bloc.

Une fois le phénomène enclenché, il est difficile de l’arrêter, surtout lorsqu’on ne peut pas contrôler entièrement le « climat » d’une pièce, ce qui est le cas dans un château comme Ecouen.

La seule solution est alors d’enlever entièrement les sels solubles d’un bloc. Pour cela, il faut le plonger dans l’eau pendant plusieurs années. Les sels se diffusent dans l’eau sans cristalliser en surface et entraîner de perte de la surface sculptée.

C’est ce que nous allons tenter pour la Cheminée de la Santa Casa.

 
 
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