Jupiter et Latone

Jupiter et Latone

Jupiter et Latone

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Origine et date: 
Paris, deuxième quart du XVIe siècle
Artiste(s): 

Dimensions :

4,55 m
3,50 m

Plusieurs épisodes se succèdent au sein de cette pièce de tapisserie : sous le couvert d’une forêt, Jupiter séduit la nymphe Latone; devenue enceinte, celle-ci subit la malédiction de Junon, survolant la scène dans son char tiré par des paons, et s’enfuit, pourchassée par le serpent Python sous la forme d’un dragon; guidée par l’aigle de Jupiter, elle se réfugie sur l’île de Délos. Tout cela est raconté dans le poème français situé dans le cartouche supérieur. Le faux pilastre de la bordure de droite est orné d’emblèmes liés à la déesse Diane et du double delta, monogramme de Diane de Poitiers, destinataire de la tenture d’où est issue cette pièce. Il subsistait, en effet, neuf autres pièces, réparties entre la France et les États-Unis : quatre ont malheureusement disparu dans un incendie il y a quelques années. Vendue à la fin du XVIIe siècle à un aristocrate génois, la tenture ornait très probablement le premier étage du château de Diane de Poitiers à Anet.


Le style de l’oeuvre trahit d’importantes réminiscences d’oeuvres majeures de la Renaissance italienne et française, notamment des gravures d’après Raphaël et Jules Romain ainsi qu’une composition du Primatice pour la porte Dorée de Fontainebleau. Cette multiplicité, présente dans les autres pièces de la tenture, correspond davantage à l’esprit d’un atelier regroupant plusieurs artistes qu’au style personnel du seul Jean Cousin. C’est cependant probablement à ce dernier, documenté pour la conception d’autres tentures de tapisserie depuis l’Histoire de saint Mammès pour la cathédrale de Langres en 1543, qu’il faut en donner l’invention.


Une autre pièce, représentant la Naissance de Diane et Apollon, deuxième épisode de la tenture, est entrée en même temps dans les collections du musée national de la Renaissance.