Coupe aux armes d'Anne de Bretagne

Coupe aux armes d'Anne de Bretagne

Coupe aux armes d'Anne de Bretagne

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Origine et date: 
Venise, entre 1498 et 1514
Artiste(s): 

Au XVe siècle, servis par une tradition séculaire d’échanges commerciaux avec l’Orient méditerranéen, les verriers vénitiens mirent au point une nouvelle composition du verre fondée sur une sélection de matières très pures aptes à produire un verre d’une transparence jamais atteinte (d’où son nom de cristallo, en référence au cristal de roche). Les souffleurs de verre de Murano, en travaillant longuement le verre à chaud et en s’aidant de moules, obtenaient des formes particulièrement complexes et une belle variété de couleurs qui situaient leurs verres au rang d’une production raffinée et recherchée.

La coupe du musée de la Renaissance illustre parfaitement ce que fut ce verre de prestige et non d’usage, que l’on exposait sur un dressoir. Sa silhouette en forme de tazza s’enrichit d’un noeud mouluré et d’une coupe à godrons qui l’apparentent à l’orfèvrerie française.

Comme toute vaisselle ostentatoire, ces verres vénitiens portaient les armoiries de leur possesseur : ici, l’écu émaillé mi-parti de Bretagne et de France surmonté d’une couronne désigne Anne de Bretagne, deux fois reine de France pour avoir épousé successivement Charles VIII et Louis XII, ce qui confère à la coupe une datation antérieure à 1514, année de la mort de la reine.

La coupe d’Anne de Bretagne fit sans doute l’objet d’une commande exceptionnelle, honorée par les verriers vénitiens à l’occasion d’un événement particulier : couches de la reine, Joyeuse Entrée, étrennes ? D’autres pièces également conservées prouvent qu’il s’agit d’un véritable service, peut-être celui « doré par les bords » décrit dans les inventaires royaux. C’est le cas en effet de notre coupe, qui joint à la vive polychromie de ses armoiries rehaussées d’or, élégamment présentées entre deux rubans vermeil, des touches d’or soulignant les bords et les moulures du pied et les godrons de la coupe.