Tenture de l'Arsenal : Apollon

Tenture de l'Arsenal : Apollon

Tenture de l'Arsenal : Apollon

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Origine et date: 
France, Paris (?), avant 1634
Artiste(s): 

Cette œuvre fait partie de la tenture dite de l’Arsenal comportant quatre pièces composées selon le même schéma : un personnage mythologique (Apollon, Vénus, Junon et Saturne) au centre, sous une arcature de branches d'olivier, entouré d'animaux divers, domestiques et sauvages, exotiques ou mythiques. L’inventaire du mobilier de Sully, dans ses appartements de l’Arsenal, dressé en 1634, signale une tenture d’une facture exceptionnelle, puisqu’elle était brodée et non tissée et s’harmonisait avec le lit et les sièges. Les quatre pièces conservées au musée national de la Renaissance proviennent de cet ensemble de sept. Dans les angles supérieurs se trouvent les blasons, emblèmes et devises relatifs aux Sully-Bethune et à leurs alliés. Les angles inférieurs sont ornés de vases d'orfèvrerie chargés de fleurs et de fruits. Les bordures sont entièrement couvertes de boulets, canons, tonneaux de poudre, fascines et faisceaux d'armes qui sont les attributs du grand maître de l’artillerie, charge détenue par Sully à cette époque. La technique de broderie de l'or nué consiste à lancer sur une couche d'or des fils de soie polychromes, de façon à laisser entrevoir l'or par intervalle. Elle est majoritairement utilisée par les brodeurs pour les chasubles de l'Église. Sa subtilité et sa magnificence indiquent qu'au XVIe siècle, Paris tient une place de premier plan dans l’art de la broderie. Ici, les points plat, chaînette, cordonnet ont été appliqués sur du satin blanc pour le centre, vert pour les bordures.

 

Sur la pièce présentée figure Apollon, sous les traits d’Henri IV, couronné de lauriers et auréolé de rayons, tenant la lyre. Sur les autres, Junon apparaît sous les traits de Marie de Médicis tenant le sceptre et accompagnée du paon, Saturne, qui pourrait évoquer Sully, tenant d’une main son enfant Jupiter et de l’autre la faux du Temps, enfin Vénus, sous les traits de Rachel de Cochefilet (seconde épouse de Sully en 1592), sur la coquille marine. Cette iconographie glorifie le commanditaire, officier de la Couronne, et son dévouement au roi de France Henri IV en associant leurs images respectives et celles de leur épouses à des divinités antiques.