Le Dîner du Général

Le Dîner du Général

Le Dîner du Général

Arts du textile
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Matière et technique: 
Tapisserie de laine
Origine et date: 
Bruxelles, 1546-1548

Dimensions :

434 cm
818 cm

Dès le XVe siècle, les princes italiens s’entourent d’artisans nordiques, notamment de liciers flamands : à Mantoue, Louis de Gonzague est l’un des plus grands amateurs de tapisseries flamandes de son temps. Héritée d’une tradition gothique, la tapisserie flamande subit peu à peu l’influence italienne et abandonne progressivement l’étagement des personnages, l’utilisation des couleurs limitée à des tons fondamentaux, ainsi que la monumentalité des figures, pour privilégier la mise en place d’effets de perspective, de paysages en profondeur, d’architectures italiennes et de nuances de couleurs. Intervenant dans la première moitié du XVIe siècle, cette évolution s’incarne dans la série des Actes des Apôtres, tissée à Bruxelles d’après les dessins de Raphaël à la suite d’une commande du pape Léon X, vers 1515, pour la chapelle Sixtine. La guerre constitue un thème récurrent de l’art des liciers, enclins à représenter de grandes scènes de batailles victorieuses : les Fructus Belli tendent au contraire à réfuter son bien-fondé. Cette pièce, intitulée Le Dîner du Général, appartient à cet ensemble commandé par Ferdinand de Gonzague (1507-1557), duc d’Ariano et seigneur de Guastalla, fait chevalier de la Toison d’or à l’âge de vingt-trois ans en récompense de ses hauts faits d’armes. Celui-ci constitue une importante collection de tapisseries, surtout bruxelloises, parmi lesquelles cette tenture portant l’inscription « Fructus Belli » (« Les Fruits de la Guerre »), qui semble être un thème général plus qu’un véritable titre. L’œuvre a certainement été commencée dans les années 1545-1546, à la suite de la commande de Ferdinand de Gonzague en 1544. On peut y voir, inscrites sur les bordures latérales, les mentions suivantes : venant compléter le thème général, « NON S[IN]E FAST[IDI]O » (« Non sans dégoût »), et sur la bordure inférieure, « SVS », pouvant être interprété comme « SIC VICTOR / ULTORSUM » (« C’est ainsi que je suis vainqueur / vengeur »). Le musée national de la Renaissance conserve une autre pièce de la tenture des Fructus Belli, intitulée La Paye des soldats (Ec. 101a) et le musée du Louvre, plusieurs cartons de Giulio Romano préparatoires aux autres pièces de la tenture.