L'Adoration du Veau d'Or

L'Adoration du Veau d'Or

L'Adoration du Veau d'Or

Arts du textile
Partager
Matière et technique: 
Broderie de fils de soie et filés métalliques sur toile de lin
Origine et date: 
France, Paris (?), milieu du XVIe siècle
Artiste(s): 

Dimensions :

434 cm
50 cm

Ce panneau brodé de fils de soie et de filés métalliques sur une fine toile de lin présente, au premier plan, la danse folle des Hébreux autour du Veau d’Or et, au second plan, Moïse brisant les tables de la Loi. Selon l’Exode (XXXII, 1 – 24), tandis que Moïse a laissé le peuple hébreu dans le désert pour gravir le Mont Sinaï, ce dernier doute et se fabrique un veau d’or. Le peuple hébreu proclame alors : « Voici ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte » et se met à l’adorer. La préciosité des matériaux et des techniques indiquent une origine royale ou princière et le travail de brodeurs parisiens. Bien qu’aucun document ancien ne le prouve, cette œuvre est considérée comme un vestige du « meuble du sacre » des rois et des reines de France. Ce rapprochement est lié à la description du lit du sacre de Louis XVI datée de 1775 selon laquelle, ce lit « fait par les ordres de François Ier » réalisé d’après les dessins de Raphaël avait déjà été transformé pour le sacre de Louis XV en 1722. Bien connues par les dessins de Pierre Dulin conservés au musée du Louvre, aucune des scènes représentées sur les pentes du lit du sacre de Louis XV ne ressemble à cette broderie. Notre médaillon a pu faire partie d’un tel ensemble mais la trace de cette éventuelle commande n’a pas été retrouvée à ce jour. Néanmoins cette broderie est d’une grande qualité de dessin et d’exécution, notamment par la combinaison de techniques virtuoses (passé plat, passé empiétant, or nué, couchure) rendant un effet de profondeur. Le dessin tout en mouvement rattache cette œuvre au style des peintres de la première école de Fontainebleau. En effet, la composition en farandole autour de la colonne du veau d’or peut être rapprochée de certaines représentations de danse comme celle des Dryades par Rosso Fiorentino gravée par Pierre Milan ou celle des nymphes par Jacques Androuet Du Cerceau. Très peu d’œuvres de cette qualité sont aujourd’hui conservées ; citons néanmoins un médaillon en mains privées représentant Moïse expliquant aux Hébreux les tables de la Loi et les deux médaillons vestiges d'un ensemble commandé par Diane de Poitiers, brodés par Robert Mestays à Paris et conservés au musée des Tissus de Lyon.