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Dépôt d'oeuvres du musée des Beaux-Arts de Dijon

Dépôt d'oeuvres du musée des Beaux-Arts de Dijon

Dépôt d'oeuvres du musée des Beaux-Arts de Dijon

Château d'Écouen
rue Jean Bullant
95440 ÉCOUEN
Tout public
Après une réouverture partielle le 7 septembre 2013, le musée des Beaux-Arts de Dijon est entré dans sa deuxième phase de travaux de rénovation. Afin de laisser ces œuvres accessibles au public pendant les travaux, un nouveau dépôt a été convenu entre les deux musées concernant quinze œuvres majeures de la Renaissance européenne. Elles sont présentées au sein des salles permanentes afin d'être mise en résonance avec leurs homologues d'Écouen.

Après une réouverture partielle le 7 septembre 2013, le musée des Beaux-Arts de Dijon est entré dans sa deuxième phase de travaux de rénovation.
Lors de la première phase de cet important chantier (2009-2012), le musée national de la Renaissance avait déjà hébergé une vingtaine d'oeuvres permettant d'établir liens stylistiques, iconographiques ou historiques avec ses collections permanentes.

Afin de laisser ces oeuvres accessibles au public pendant les travaux, un nouveau dépôt a été convenu entre les deux musées concernant quinze oeuvres majeures de la Renaissance européenne. Elles sont présentées au sein des salles permanentes afin d'être mise en résonance avec leurs homologues d'Écouen.

 

 

Pour plus d'informations: http://mba.dijon.fr/musee-en-chantier/projet

 

 

Dans la salle de la Mesure du temps :

 

 

Cette montre, dite « œuf de Nuremberg » (inv. CAT 1500), n’a pas d’équivalent dans les collections d’Écouen. Elle est malheureusement peu documentée : le nom gravé sur le mouvement, celui de Martin du Boule ou Duboule (1583-1639), horloger, graveur et lapidaire à Lyon puis à Genève, est un ajout tardif, puisque la date est improbable et que l’horloger, auteur du mécanisme d’une montre voisine (E. Cl. 20706), ne signe généralement que de son patronyme. Le décor d’émaux champlevés polychromes associant un perroquet et des fleurs rappelle l’art de Virgil Solis (1514-1562), graveur à Nuremberg et fournisseur de modèles pour les artisans et notamment les orfèvres qui réalisaient les boîtiers de montres.

 

Dans l'appartement du Connétable :

 

Plusieurs oeuvres réunies pour la première fois permettent de découvrir Hugues Sambin (vers 1520- 1601) architecte et menuisier dijonnais et de se questionner sur son atelier, ses collaborateurs et sa postérité.

Le musée national de la Renaissance conserve un meuble à deux corps exceptionnel (Ec. 331) provenant du château de Thoisy-la-Berchère (Côte d'Or) et réalisé après 1585 par Hugues Sambin. Sa production se reconnaît grâce à un certain nombre de traits (termes et satyres), et l’exécution de certains détails (têtes laurées, bonnets côtelés). Il s’associait souvent au peintre Evrard Bredin, qui réalisait les peintures en camaïeu or. Le style de ce dernier se reconnaît dans les scènes peintes sur les vantaux d’après les gravures de Bernard Salomon et consacrées à Jacob et à son fils Joseph (Genèse, XXV, XXX et XXXVII).

 

 

À côté, est exposé le meuble à deux corps aux proportions et aux sculptures identiques du musée des Beaux-Arts de Dijon (inv. 2004-5-1) qui pourrait être une autre création de l’atelier de Sambin comme une copie plus récente montrant l’engouement durable des réalisations de ce célèbre architecte-menuisier. Le visiteur pourra apprécier les proportions semblables, les motifs décoratifs très proches mais l'absence de décor peint.

 

 

De part et d’autre, sont présentés deux panneaux du musée des Beaux-Arts de Dijon (inv. 3934 a et b) signés Evrard Bredin et datés de 1575. Ils illustrent des allégories de la Destinée et de la Pauvreté, accompagnées des inscriptions « Quo te fata vocant » (« là où le destin t’appelle ») et « Sed trudor ad ima » (« mais je suis poussé vers l’abîme ») et inspirées des Emblèmes d’André Alciat.

 

 

La Porte du Scrin (inv. CA 1444 et 729) est une des rares œuvres attribuées avec certitude à Hugues Sambin. En 1583, il était payé par les Trésoriers du roi pour la clôture de la chapelle du Saint-Esprit et la porte du Scrin (du latin scribere : écrire). Cette porte fermait le local des archives du palais du Parlement du duché de Bourgogne devenu palais de Justice de Dijon. Elle porte tout le répertoire décoratif cher à Sambin notamment les trophées d’armes et le masque féminin au menton drapé également visible sur les deux meubles exposés dans cette salle.

 

 

Dans l'antichambre de Madeleine de Savoie:

 

 

Le tableau exposé (inv. CA 37) est une œuvre d’un peintre flamand non identifié d’après Raphaël et Jules Romain. La scène est celle du Banquet des Dieux lors des noces de l’Amour et de Psyché tiré de l’Âne d’or d’Apulée. Ce roman du IIe siècle a inspiré de nombreux artistes en particulier Raphaël et son atelier dont les scènes peintes ont été diffusées par la gravure (Maître au Dé) et ont servi de modèle dans les différents domaines des arts décoratifs. Les vitraux de la galerie de Psyché au premier étage du château puisaient à la même source. Ce tableau permet en outre d’évoquer les banquets d’apparat de la société de cour au XVIe siècle.

 

 

Dans la salle de la céramique française :

 

 

Autour de l’un des magnifiques pavements réalisé par le faïencier rouennais Masséot Abaquesne pour Anne de Montmorency à Écouen, sont présentées les principales productions liées à l’activité d’Abaquesne, notamment ses pots à pharmacie issus de modèles anversois. Le Languedoc connaît une production comparable, notamment à Montpellier, siège de la principale faculté de médecine de France, où l’on fabriquait dans les années 1570-1590 des pots à pharmacie à décors de figures et de végétaux. Le potier Pierre Estève réalisa sans doute sur commande la série à l’effigie des rois de France dont fait partie cette chevrette (inv. 4314) prêtée par musée de Dijon. Figurant Théodoric ou Thierry III, « 15e roi de France » (679–691), elle devait contenir du sirop de tussilage, une plante proche du pissenlit dont le nom (« qui chasse la toux ») révèle l’usage médicinal.

 

 

Dans la galerie des arts du feu :

 

 

Par sa diversité, la collection d'Écouen offre un panorama complet des centres de production de la majolique italienne et des formes et décors qui leur sont associés. La pièce du musée de Dijon a donc été choisie pour son exceptionnel intérêt. De dimensions impressionnantes (42 cm), ce grand vase balustre (inv. CAT 1056) qui rappelle les amphores antiques n’a pas d’équivalent à Écouen. Son décor foisonnant associe par bandes concentriques des panneaux de grotesques et des frises de trophées ornées de devises latines. Ce style est celui de Giovanni Maria de Castel Durante, formé à Faenza, qui passe pour avoir introduit vers 1520 à Castel Durante les décors de grotesques initiés à Faenza, et dont une assiette comparable est exposée à Écouen.

 

 

Le musée présente un ensemble d’émaux peints issus de l’atelier de Colin Nouailher, actif à Limoges des années 1539 à 1574. Il y manque pourtant sa série des Preux, bien représentée dans les collections françaises, lacune heureusement compensée par les trois médaillons du musée de Dijon : Josué, Judas Macchabée et Arthur (CA 1559, G 335, G 336). Le thème des Neuf Preux (Alexandre, Hector, César, David, Josué, Judas Macchabée, Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon) fut l’une des séries décoratives privilégiées par les mécènes de la Renaissance, car il leur permettait de revendiquer l’héritage des vertus des héros de l’Antiquité païenne biblique, épanouies au Moyen Age grâce au christianisme. Ecouen présente deux séries de Preux : celle de Martial Ydeux (mi-XVIe siècle, Ec. 1898a/b) et une autre, anonyme et plus tardive (quatre preux, E. Cl. 10961-10964). Ces plaques décoraient probablement des éléments de mobilier.

 

 

Limoges voit s’épanouir à la Renaissance de véritables dynasties d’émailleurs interprètes de l’art de Fontainebleau, dont les Pénicaud, à l’instar de Léonard Limosin, sont d’illustres représentants. Leur travail en atelier, à partir des mêmes modèles gravés, rend les attributions difficiles. Jean III Pénicaud, auquel est attribué cette Histoire de Samson du musée de Dijon (CA 1555 et 1556), fut élu consul de Limoges avec Léonard Limosin en 1571. Le groupe d’œuvres qui lui est attribué ne porte nulle signature (seulement le poinçon de l’atelier), mais la marque d’un style vif, esquissant au pinceau des figures échevelées et des scènes oniriques. En cela il se démarque de Jean II, plus classique. L’histoire de Samson, vainqueur des Philistins puis trahi par sa femme Dalila a inspiré à Jean III une autre plaque de coffret (Baltimore, Walters Art Gallery).

 

 

Un choix d’œuvres en étain disposées sur un dressoir restitue la présentation propre aux vaisselles d’apparat de la Renaissance dont la salière supportée par des cariatides du musée de Dijon (CAT 1366) illustrent la floraison du travail de l’étain dans l’Est de la France à la fin du XVIe siècle. Le répertoire décoratif encadrant chaque scène, diffusé par l’intermédiaire de la gravure, trouve notamment un équivalent dans les pièces d’orfèvrerie, auxquelles ces objets d’étain sont apparentés mais qui, du fait des destructions, sont aujourd’hui très rares. Le plus emblématique des potiers d’étain de la Renaissance, le Lorrain François Briot, auteur du Plat de la Tempérance d'Écouen, est ici représenté par la salière. Son influence sur les centres de création les plus proches, notamment Lyon, est perceptible sur les deux bassins attribués à cette ville.

 

 

Salle de l’orfèvrerie :

 

 

Avec une centaine d’œuvres exposées, la collection permanente d'Écouen passe pour la plus belle collection d’orfèvrerie Renaissance des musées français. Pour autant, les œuvres exposées proviennent majoritairement des grands centres germaniques, par exemple Nuremberg où officia Wenzel Jamnitzer, auteur de la splendide Daphné. Les œuvres françaises exposées dans la même salle, peu nombreuses, reflètent une vaisselle usuelle, caractérisée par la sobriété de ses formes et la discrétion de ses ornements. Ces objets, issus d’ateliers provinciaux dont les travaux ont massivement disparu, sont si rares aujourd’hui qu’on a peine à en définir l’usage. Ainsi la etite coupe de l’orfèvre dijonnais Bénigne Devaulx du musée de Dijon (CA 1510) a soulevé bien des interrogations et fut tantôt qualifiée de salière, tantôt -plus vraisemblablement-, identifiée comme un coquetier.

 

 

Une fois revêtues de dorure, les œuvres de cuivre fondu s’apparentent à l’orfèvrerie dont elles imitent les formes et revendiquent le caractère précieux. Présentés côte à côte, le miroir de toilette du musée de Dijon (T 1369) et son jumeau à vantail d’Écouen illustrent à la fois une étrange coïncidence de conservation et la répétition des modèles au sein des ateliers français. Sans doute le miroir d’origine, dont les ornements rappellent le style de l’orfèvre et graveur Étienne Delaune, fut-il célèbre et apprécié, car Bernard Palissy lui-même en fit un moulage. Nos deux exemplaires sont plus tardifs (celui de Dijon porte la date de 1577) et sont gravés au revers, l’un d’un panneau de grotesques, l’autre d’une figure de Pallas, d’après des gravures flamandes de la seconde moitié du siècle. Un troisième exemplaire est conservé au musée de Chicago.

 

 

Dans la vitrine des bijoux, L’enseigne à chapeau du musée de Dijon (CAT 1411) vient compenser l’une des lacunes de la collection d'Écouen, faite de pendentifs, boîtiers, colliers, bagues, cure-dents et cure-oreilles ou sifflets. Bijoux masculins reconnaissables aux quatre anneaux de fixation de leur revers, les enseignes à chapeau sont bien documentées par les portraits contemporains et leurs thématiques sont souvent associées aux vertus viriles incarnées par les héros de la mythologie antique. La référence à l’Antiquité s’impose dans ce buste d’homme barbu amplement drapé, inspiré de la glyptique antique. Si le goût pour les bustes marque l’ensemble des arts décoratifs de la Renaissance, les vives touches d’émaux traduisent la recherche chromatique qui caractérise les bijoux maniéristes.